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D'Oliver Hirschbiegel
Oliver Hirschbiegel © Berlinale 2015
Allemagne 110 minutes
Avec : Burghart Klaußner, Christian Friedel, Johann von Bülow, Katharina Schüttler
Synopsis :
Seulement 13 minutes, et l’ébéniste Elser aurait changé l’Histoire. Le 8 nov. 1939 il a placé une bombe sous le pupitre de Hitler dans la brasserie de Munich. Mais le ‘Führer’ quitta les lieux plus tôt que prévu et échappa ainsi à l’attentat qui aurait pu éviter la seconde guerre mondiale. Oliver Hirschbiegel explore l’arrière-fond de cet acte courageux et rend hommage au ‘petit Schorsch’. Le film reconstruit la situation socio-politique après 1933 quand les idées national-socialistes empoisonnent le vivre-ensemble. Il met en scène la relation entre Elser et le chef de la police qui cherche à découvrir les ‘mandataires’ présumés. Le souvenir d’Elsa, son grand amour, qui ne devait surtout rien savoir de ses plans, a donné à Elser la force de garder son courage et son humanité face à la mort.

Burghart Klaußner, Christian Friedel, Johann von Bülow © Lucky Bird Pictures, Bernd Schuller
Il faudrait cesser de faire des commémorations devant des monuments aux morts pour aller au cinéma et montrer des films comme ça.
Ce n’est pas seulement un hommage au premier à avoir tenté un attentat contre Hitler, mais aussi une reconstruction historique qui permet de mieux comprendre le contexte historique et surtout un encouragement à faire ce qu’il faut faire là où on est et qui qu’on soit. Le film donne raison à la thèse de Hannah Arendt sur la banalité du mal : le plus grand mal vient de l’accumulation de petites compromissions individuelles – ce dont il faut tirer la conclusion que chacun a aussi, là où il vit, la possibilité de faire des choses pour contrecarrer ce mal. Peut-être pas tout le monde au niveau d’Elser. Mais l’intéressant dans ce cas c’est qu’Elser n’était justement pas quelqu’un d’extraordinaire, c’était un artisan, plutôt pauvre, quelqu’un qui aimait vivre et s’amuser comme tout le monde, mais qui a compris que Hitler était mauvais et a agi en conséquence.
Le film reconstruit sa vie avant, comment il a cherché à aider sa famille ruinée par l’alcoolisme du père, comment il tombe amoureux d’une femme mariée, comment la vie dans son village se détériore avec l’arrivée du nazisme. Intéressant aussi, qu’il n’était pas engagé dans un mouvement, ni dans le parti communiste ni aucune organisation de résistance. Il a juste compris et agi. Seul.
Christian Friedel © Lucky Bird Pictures, Bernd Schuller
Le réalisateur retrace la préparation longue et minutieuse ; puis l’échec : à cause du brouillard, l’avion de Hitler ne pouvait pas décoller comme prévu et il a dû quitter plus tôt le rassemblement ; puis son arrestation, l’interrogatoire, la torture – insupportable comme toutes les scènes de tortures – parce que Hitler ne pouvait pas croire qu’un plan aussi minutieux puisse être le fait d’un seul homme et qu’il voulait absolument obtenir les noms des commanditaires ; son séjour à Dachau ensuite et finalement son exécution, juste avant la fin de la guerre, pour ne pas laisser de traces. Le chef de la police, qui l’avait arrêté et interrogé, a été pendu peu avant pour avoir participé à l’attentat contre Hitler en 1944, celui dont on parle plus parce qu’il était perpétré par des hauts-gradés…
Oliver Hirschbiegel s’interroge aussi sur la force qui a permis à Elser de tenir. Une conscience ferme d’être dans le vrai, son amour pour Elsa, et sa foi protestante. Une foi discrète, qui ne s’affiche pas. Face à la mort, il prie de Notre Père, filmé sans coupure, simplement.
Un magnifique hommage au courage individuel.
Waltraud Verlaguet
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