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Festival de La Rochelle 2019

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Entretien avec Jacques CAMBRA, pianiste de Ciné-concerts

Au Festival de La Rochelle le 2 juillet 2019

JMZ Bonjour Jacques Cambra, je voudrais savoir tout d’abord comment vous vous êtes orienté vers cette activité, qui semble être une des dimensions que vous avez privilégiée depuis de nombreuses années maintenant, et j’aimerais que vous me disiez comment vous êtes arrivés à ce métier car pour moi c’est un véritable métier, une expérience et une compétence.

JC  Alors écoutez: par hasard ! j’ai fait des études de musique, de piano; je suis originaire des Pyrénées, je suis monté à Paris, école normale, conservatoire; et en fait quand j’ai eu terminé mes études, pas forcément diplôme en poche, j’ai décidé d’arrêter car je voulais jouer, je ne voulais pas être enseignant, ça ne m’intéressait pas. C’est parfois un peu compliqué, quand on ne se destine pas à une carrière classique, de pouvoir trouver son chemin, parce que les professeurs que vous avez en piano connaissent soit la voie du concert et du récital, soit celle du professorat. Ni l’une ni l’autre ne me convenaient; et comme j’étais à Paris , j’ai joué dans les cabarets; et quand, dans un de ces cabaret à chansons qui du reste a fermé, on m’a proposé de faire des accompagnements de films muets, ça m’a paru évident, et voilà ! et ça c’était en 1997 et je n’ai pas arrêté depuis.

JMZ oui et ça fait 20 ans maintenant… et êtes vous nombreux ou seulement un certain nombre d’artistes ayant fait ce choix précis ?

JC Non, ce choix quasi exclusif, non ! certes tous les musiciens font épisodiquement des ciné-concerts mais le fait de chercher des films, de travailler exclusivement sur les films comme je le fais j’en connais 2 ou 3, mais ça s’arrête là.

JMZ  On dit sur la toile que vous connaissez et que vous avez joué plus de 200 films mais il y a un énorme travail avant et pendant; alors ma 2ème question est de savoir comment vous concevez ce travail car on peut se borner à accompagner un film , avec notamment le piège du surlignage qui risque de détourner le spectateur de la lecture des images, mais quelle a été votre propre évolution dans ce qui faut bien appeler l’improvisation qui débute avec la projection du film.

JC il y a là 2 questions, d’abord la préparation et puis la manière. La préparation a évoluée au fil de ces 20 ans. Il y a une part d’instinct dans cette préparation à laquelle j’ai pris progressivement goût; un travail sur les images, sur le mouvement, sur le temps, sur le cadre, sur le montage, sur le récit… Comme j’aime beaucoup la littérature j’ai fait beaucoup de parallèles avec la littérature. C’est un travail assez intensif qui a duré plusieurs années: j’ai rencontré beaucoup de critiques de cinéma, des universitaires, toutes sortes de professionnels du cinéma qui m’ont fait prendre conscience qu’on pouvait s’interroger sur les images au delà d’une perception immédiate. Et il se trouve que j’avais une facilité pour traduire musicalement ce je ne sais quoi qu’elles dégageaient. J’ai lu beaucoup de livres sur le cinéma. Parallèlement à ça j’ai été programmé tous les dimanches au cinéma Le Balzac pour accompagner les primitifs français, américains, etc… et j’ai dévoré tout un pan du répertoire cinématographique, ce qui m’a permis d’entrer dans l’intimité des grandes écoles nationales de cinéma. Ainsi aujourd’hui sous l’angle de la préparation je découvre habituellement les films avant de les jouer: je les regarde sur mon téléphone, pas forcément en entier…il y a des années où je travaille 3 mois avant, mais par exemple la stratégie au Festival de la Rochelle, la question que je dois résoudre, n’est pas tellement de travailler le film que de savoir comment faire pour avoir envie de jouer le même film 2 fois par jour.

JMZ Est-ce qu’il y a des films que vous n’avez pas travaillé préalablement ?

JC oui, par exemple celui de ce matin je l’ai découvert à la projection… Tous les ans je me laisse un film que je n’ai pas vu, pour me mettre la pression. Après cette longue préparation sur des années pour étudier le langage cinématographique, la question maintenant est aussi de trouver le moyen d’être en forme sur scène, au bon moment, parce que l’aspect spectacle vivant est indissociable du travail cinématographique et du travail musical, et c’est au moment de la séance que le spectacle se joue.

JMZ Je voudrais vous demander pour terminer si le fait de connaître le réalisateur ou le film vous permet d’élaborer la construction de votre partition et d’aller au delà du caractère rhapsodique de votre improvisation, pour aboutir à l’équivalent du montage pour les images ?

JC Je crois en fait que ça fait partie des études classiques. Je n’ai pas l’impression qu’il y ait une construction.

JMZ Eh bien je vous remercie vivement, Jacques Cambra, du temps que vous avez accepté de consacrer à cet entretien malgré le programme chargé qui est le votre au Festival de La Rochelle.

Jean-Michel Zucker

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