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Avec :
Agnès Jaoui (Hannah, la comtesse), Daniel Auteuil (Igor, chef d’orchestre), Eye Haidara (Cora, Cherubin), Claire Chust (Mirabelle), Oussama Keddam (Samir), Lucie Gallo (Clothilde), Thiphaine Daviot (Sophie, Suzanne), Maxime Pambet (Baptiste, Figaro), Vincenzo Aamato (le comte Almaviva), Jacques Weber (le père d’Hannah).
Agnès Jaoui, née en 1964, est une actrice, scénariste, réalisatrice et chanteuse, au cinéma comme au théâtre où elle a fait ses débuts avec Patrice Chéreau. Après sa rencontre avec Jean-Pierre Bacri, elle co-écrit avec lui Smoking/No smoking (A.Resnais,.1993). Un air de famille (C. Klapish, 1996) rend célèbre ce duo d’acteurs-scénaristes à l’humour corrosif. Agnès Jaoui réalise ensuite Le goût des autres (2000,4 Oscars) puis Comme une image (2002, Prix du scénario à Cannes). L’objet du délit, sa septième réalisation, était sélectionné Hors compétition à Cannes en 2026.
Résumé :
Pendant les répétitions des Noces de Figaro survient au sein de la troupe une accusation d’agression sexuelle sur la chanteuse jouant Suzanne de la part du baryton incarnant le comte Almaviva.
Analyse :
Cette brillante comédie dramatique a pour premier mérite de nous charmer avec la fameuse musique de Mozart que découvre, subjugué, le très sympathique régisseur Samir, jusque-là ignorant en matière d’opéra. Les nombreux personnages sont très bien croqués, dans des petites scènes pittoresques, la scène en plein air du château de Lacoste (Luberon) accueillant les répétitions. Metteuse en scène novice, Mirabelle entend imprimer sa marque dans cette énième version des Noces de Figaro, dirigée par un maestro patenté (Daniel Auteuil, à l’aise) ; elle souhaite accentuer son caractère patriarcal. Agnès Jaoui a judicieusement choisi cet opéra de Mozart révolutionnaire, où les femmes osent se rebeller, pour questionner les relations hommes/femmes maintenant, près de dix ans après le début de Metoo. L’humour est de la partie; des phallus géants doivent être installés sur la scène, ce qui occupent d’abord beaucoup les techniciens avant de préoccuper également la comtesse (Agnès Jaoui, espiègle). S’ensuivent une série de gags. Mirabelle s’efforce aussi de faire sentir la sororité entre les personnages féminins. Patatras ! Une rumeur d’agression sexuelle met soudain en péril l’ensemble de cette création, Chérubin-Eye Haïdara prenant la tête de la révolte. Non sans finesse et tact, Agnès Jaoui se moque gentiment des excès de certains côtés du féminisme. Et comme l’opéra de Mozart, le récit se déroule joyeusement et tambour battant et …c’est l’amour qui triomphe. Une grande réussite pour ce scénario de Jaoui sans Bacri (décédé en 2020) auquel le film est dédié.
Françoise Wilkowski-Dehove
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