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Avec :
Katy Corréa (Gloria), D’Johé Kouadio (Nour), Samir Guesmi (Slimane), Mike Etienne (James), Nicolas Gomis (Pierre), Fara Bako Gomis (Jean), Poundo Gomis (Diminga). Nicolas Bouchaud (François).
Réalisateur franco-sénégalais, son 1er LM, l’AFrance (2001) obtient le Léopard d’argent à Locarno. Suivent Andalucia (2007), et Aujourd’hui ( 2013), Etalon d’or au Fespaco, puis Félicité (2017), Grand prix du Jury à Berlin, et Rewind & Play (2022), documentaire sur Thelonious Monk primé à Toronto.
Résumé :
Aujourd’hui Gloria marie sa fille en banlieue parisienne. Il y a peu, en Guinée Bissau, elle assistait à la cérémonie qui consacre son père décédé en ancêtre. D’une cérémonie à l’autre, entre passé et présent, vie et mort, réalité et fiction, Gloria se réconcilie avec son histoire, trouve sa place et connaît un moment de paix.
Analyse :
En compétition officielle à Berlin en février 2026, Dao raconte l'histoire d'une femme franco-africaine qui, lors du mariage de sa fille Nour en France dans la région parisienne, se remémore une cérémonie organisée pour son père récemment décédé en Guinée Bissau. Il est bien difficile de parler de ce film choral tant il emporte le spectateur dans une fabuleuse tempête émotionnelle de sentiments, de couleurs, et de sons pendant plus de trois heures ! Principe suprême d’ordre naturel, le mot chinois Dao signifie voie ou chemin, et on peut imaginer que chacun des protagonistes de cet espace d’expression collective que déploie le cinéaste, et qui oscille sans cesse entre réel et fiction, cherche sa route dans une existence à la croisée du passé colonial et du présent de l’immigration. Le dispositif du film est simple en apparence qui fait alterner souplement les scènes de mariage de Nour avec James et les scènes de funérailles du père de Gloria qui doivent tout à la cérémonie mortuaire du père d’Alain Gomis, tournées dans son village, auprès de la maison de son père, avec sa famille - ses oncles et tantes. Mais la réalisation est plus complexe, née de la contribution du collectif d’acteurs. Très peu de dialogues ont été écrits à l’avance, permettant à la fiction de produire du réel qu’il s’agisse de la fête de mariage effrénée ou de la cérémonie animiste précédant l’inhumation: pour le spectateur, et avant lui les acteurs, le mariage devient un ‘vrai’ mariage et la cérémonie une ‘vraie’ cérémonie. Au cours de celle-ci la tradition vécue interpelle celles et ceux qui reviennent pour la première fois au pays tandis que lors des retrouvailles du mariage, les échanges, s’ils sont chaleureux et conviviaux, peuvent aussi déraper car les valeurs ont changé d’une génération à l’autre, ce qui complique la transmission et le partage. Qu’importe! Le binôme convaincant par son énergie et sa générosité que forment Gloria et sa fille, brillamment vécu par les 2 actrices non professionnelles qui se sont ‘trouvées’ lors du casting, irradie un film baigné par la musique traditionnelle et celle du grand jazzman sud-africain Abdullah Ibrahim.
Jean-Michel Zucker
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