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Fiche technique :
Réalisateur : Gus Van Sant. Scénario : Austin Kilodney. Direction Photo : Arnaud Potier. Son : Leslie Shatz. Montage : Saar Klein. Musique : Danny Elfman. Production : Cassian Elwes. Distribution France : ARP Sélection.

Avec :
Bill Skarsgard (Tony Kiritsis), Dacre Montgomery (Richard Hall), Al Pacino M. L. Hall), Colman Domingo (Fred Temple), Myha’la (Linda), Cary Elwes (Michael Grable).

La corde au cou (Dead Mans's Wire)

Etats-Unis d'Amérique, 2026, 105min.

Réalisation : Gus Van Sant

Biographie :

Gus Van Sant, né en 1952 à Louisville (Kentucky, USA), est un réalisateur, scénariste, producteur, monteur, photographe et musicien américain, auteur de dix-huit longs métrages ancrés dans l’époque. Mala Noche (1985) et Harvey Milk (2008) abordent la question de l’homosexualité. Citons aussi Will Hunting (1997, avec Matt Damon), Elephant (2003, Palme d’or à Cannes), Paranoïd Park (2007, compétition à Cannes) Promised Land (2013, mention spéciale du jury à Berlin).

Résumé :

Le récit, fidèle, d’une prise d’otage célèbre aux Etats-Unis, celle de Richard Hall, fils du patron d’une société de prêt, par un client par la suite ruiné, Tony Kiritsis, en février 1977, à Indianapolis. Après avoir détenu son otage 63 heures, Kiritsis avait été arrêté par la police.

Analyse :

Ancré dans les années 1970 avec des couleurs tirant sur le marron et une musique d’époque, La corde au cou est un film prenant, à la fois un thriller teinté de moments comiques et un film politique. Magistralement interprété par le Suédois Bill Skarsgard, coutumier des performances intenses (par exemple dans le film d’horreur Ca), Tony Kiritsis apparaît comme un homme à cran, en colère contre la compagnie dirigée par M. L. Hall, qui l’a, estime-t-il, grugé et ruiné. Très énervé et dangereux tandis qu’il détient son otage arrimé à un fusil menaçant de se déclencher à tout moment, Tony se défend d’être mauvais et ne cesse de dire qu’il aime la police. Sa revendication principale semble être de sortir de l’anonymat grâce à sa prise d’otage, un coup d’éclat qui mobilise rapidement la police et les médias, produisant un grand show : ‘un gros merdier’, résume l’un des protagonistes en observant le ballet des grosses Chrysler et autres Plymouth devant la scène de crime. Tony réclame des excuses pour ce qu’il a subi. Au fil des heures avec Richard, son otage, il se détend et partage avec enthousiasme son admiration pour Fred Temple (excellent Coleman Domingo), l’animateur d’une radio locale qui diffuse les tubes populaires de Donna Summers, Barry White, Roberta Flack, Gil Scott Heron, Labi Siffre. Ayant cerné la psychologie de Tony, le FBI a l’habileté de lui organiser une conversation téléphonique avec Fred, le DJ à la voix suave, ce qui l’enchante. Autre scène marquante, l’entretien au téléphone entre le pauvre Richard et son père (Al Pacino, preneur d’otage dans Un après-midi de chien de Sydney Lumet) qui n’a aucune compassion pour son fils et lui conseille simplement de tenir bon. Tandis que se déroulent de laborieuses négociations au téléphone entre le FBI et le preneur d’otages, le public est mobilisé par les émissions télévisées en ‘prime time’ et les radios locales, très actives dans les années 1970 ; beaucoup expriment leur sympathie pour celui qui ose se dresser contre le système, seul contre tous.

Depuis les premières images jusqu’aux images d’archives montrant l’énoncé du verdict en novembre 1977, le rythme du film est extrêmement rapide, grâce au montage inventif de l’Israélien Saar Klein (collaborateur de Terrence Malick pour La ligne rouge et Le monde nouveau). Une histoire cinquantenaire qui évoque finalement un ‘rêve américain’, toujours inaccessible pour le plus grand nombre.

Françoise Wilkowski-Dehove

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