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Fiche technique :
Réalisateur : Eva Libertad – scénario : Eva Libertad – photo : Gina Ferrer Garcia – montage : Marta Velasco – son : Enrique G. Bermejo, Alejandro Castillo et Urko Garay – décors : Anna Auquer – distribution : Condor.

Avec :
Miriam Carlo (Angela), Alvaro Cervantes (Hector), Elena Irureta (Elvira, mère d’Angela), Joaquin Notario (Fede, père d’Angela), Agustin Oton (Ramiro, le collègue potier), Erika Rubia (Luci, une amie malentendante).

Sorda

Espagne, 2025, 100min.

Réalisation : Eva Libertad Garcia

Biographie :

Eva Libertad (née en 1978) a étudié la sociologie puis le théâtre. Elle est réalisatrice, scénariste et productrice. Après des discussions avec sa sœur qui est malentendante, elle tourne en 2021 le court-métrage Sorda, première œuvre en langue des signes, déjà interprété par sa propre sœur, Miriam Carlo.

En 2025, Eva Libertad adapte Sorda en long métrage et obtient le prix du public de la section « Panorama « à la Berlinale 2025 et le Goya de meilleur nouveau réalisateur en 2026.

Résumé :

Hector et Angela, la trentaine, forment un couple épanoui. Ils vivent dans une maison agréable à la campagne. Elle est sourde profonde depuis l’âge de deux ans ; il manie parfaitement la langue des signes et se montre constamment très attentionné. Tout se complique avec la naissance de leur fille.

Analyse :

Le film s’ouvre sur une scène magnifique : il fait beau et Angela court parmi les rochers, suivie de sa chienne Luka, pour rejoindre son compagnon et se baigner dans la rivière. Ensuite, on les voit chez eux en train d’échanger joyeusement au sujet du prénom de l’enfant à venir.

L’accouchement est difficile. Hector ne peut pas rester à côté d’Angela pour lui traduire en langue des signes ce que disent les nombreux soignants. Elle finit par arracher le masque du médecin pour lire sur ses lèvres.

Ensuite, à cause de son handicap, Angela a des problèmes pour s’occuper du bébé, Ona. Hector se voit obligé de pallier ses difficultés, ce qui engendre chez elle frustration, souffrance, voire colère. Quand il leur est annoncé que leur fille entend normalement, les deux parents ne disent rien, mais leurs sentiments se lisent aisément sur leurs visages : soulagement pour lui, inquiétude pour elle. Angela redoute d’être exclue : elle essaie en vain d’établir une connexion avec son bébé en l’incitant à s’intéresser à la langue des signes. Par ailleurs, elle est désormais obligée de rencontrer des inconnus qui ignorent son handicap, au jardin public, à la crèche, ce qui donne lieu à des scènes pénibles pour elle. Le malaise s’installe dans le couple : elle lui reproche d’être un père parfait et de ne plus s’intéresser à elle.

C’est grâce à Ona que l’harmonie reviendra, ce qui donne lieu à deux scènes particulièrement émouvantes.

Angela et Hector sont très attachants. Le spectateur est profondément ému par leurs difficultés, d’autant plus que l’on comprend parfaitement le point de vue de l’un et de l’autre.

Dans ce film, la bande son nous permet d’appréhender les sensations d’Angela, son « point d’ouïe », de nous immerger dans son monde. A deux reprises, Angela, dans un désir de connexion avec son entourage, met ses appareils auditifs ; on entend alors une cacophonie et un effet larsen très désagréables. Plus tard, il n’y a pas de son pendant 7 minutes.

On est également témoin de scènes où Angela, ou ses amis, subissent l’indifférence, voire les moqueries des « valides ».

A aucun moment, la réalisatrice ne veut susciter notre compassion. Angela est une femme qui se bat pour sa dignité, pour sa place dans la communauté des humains.

Ce film magnifique a également une portée pédagogique. En montrant les difficultés d’Angela, la réalisatrice espère faire progresser la connaissance des personnes différentes et leur inclusion.

Catherine Le Boulc'h

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