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Fiche technique :
Réalisateur : Xavier Giannoli. Scénario : Jacques Fieschi et Xavier Giannoli. Dir Photo : Christophe Beaucarne. Décors : Riton Dupire-Clément. Costumes : Pascaline Chavanne. Son : Cyril Moissan. Montage : Cyril Nakache. Musique : Guillaume Roussel. Distribution : Gaumont.

Avec :
Jean Dujardin (Jean Luchaire), Nastya Golubeva (Corinne Luchaire), August Diehl (Otto Abetz).

Les rayons et les ombres

France, 2026, 195min.

Réalisation : Xavier Giannoli

Biographie :

Xavier Giannoli est un scénariste, réalisateur et producteur français né en 1972 et diplômé de Lettres. Après Quand j’étais chanteur (2006), un hommage à Christophe qui lui a fait découvrir le cinéma, il tourne A l’origine (2008), Marguerite (2015), L’Apparition (2018) et Illusions perdues (2022), récompensés de Césars, ainsi que la série D’argent et de sang (2023). Son cinéma s’attache à découvrir la réalité derrière les illusions.

Résumé :

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, à Paris, l’histoire vraie de Jean Luchaire et Corinne Luchaire, un père et sa fille pris dans l’engrenage de la collaboration.

Analyse :

Inspiré par le recueil de Victor Hugo qui donne son titre au film, Xavier Giannoli revient sur une page douloureuse de l’histoire du XXème siècle, rarement portée à l’écran, la Collaboration. Dans une atmosphère très marquée par le carnage de 1914-1918, et alors que se développe en Allemagne le parti nazi, le récit est mené en flash-back par Corinne Luchaire, grande star des années 1930. Otto Abetz, un diplomate très francophile, se lie d’amitié à Paris avec le journaliste Jean Luchaire ; tous deux militent pour la réconciliation franco-allemande et prônent le pacifisme. Mais surviennent la ‘drôle de guerre’ puis l’Occupation. Jean Luchaire (Jean Dujardin excellent), patron de presse mondain, habitué à vivre au-dessus de ses moyens, glisse peu à peu vers une franche compromission avec les nazis qui l’entretiennent et, après avoir cherché à taire les lois anti-juives dans son journal, il se noie finalement dans un antisémitisme assumé. Il sera fusillé en 1946. Les années d’occupation sont décrites avec beaucoup de réalisme, dans une reconstitution époustouflante, d’une grande valeur documentaire, le luxe insolent (et la luxure) le disputant au cynisme sous les moulures de l’ambassade d’Allemagne dirigée par Abetz. Les privations et la faim sévissent ailleurs. Des intellectuels se compromettent qui par conviction, qui par facilité ou lâcheté. La résistance est évoquée mais n’est pas le sujet. Corinne Luchaire, tuberculeuse comme son père, est emportée dans son sillage et la star, que l’on voit tourner Prison sans barreaux (1938, Leonide Moguy), voit sa carrière stoppée à la Libération. Nastya Golubeva incarne avec beaucoup de finesse la fragilité de son personnage. Dans la lignée de Lacombe Lucien (Louis Malle 1974) et de Monsieur Klein (Joseph Losey, 1976), ce film montre la complexité humaine et témoigne du fait que la peur de la guerre et l’illusion de préserver la paix peuvent conduire au pire. Fallait-il vraiment cette durée équivalente à plusieurs épisodes de séries ? Non, cette fresque magistrale n’aurait sans doute rien perdu à être un peu plus courte !

Françoise Wilkowski-Dehove

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