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Avec :
Parinaz Izadyar (Mahnaz), Payman Maadi (Hamid), Sinan Mohebi (Alyar fils de Mahnaz), Arshida Dorostkars (Neda fille de Mehnaz).Soha Niasti (Mehri sœur de Mahnaz).
Saeed Roustaee, 36 ans, diplômé de la Soureh film University, a remporté son premier succès avec La loi de Téhéran, son second opus en 2019. Life And Day, son premier film, reste inédit en France. Leila et Ses frères avait été sélectionné à Cannes mais n’a pu sortir en Iran. Pour son dernier film il a dû se plier à la censure afin de pouvoir tourner dans des hôpitaux, des écoles, et avec de nombreux figurants.
Résumé :
Mahnaz, infirmière de 40 ans élève seule son fils Alyar 14 ans, et sa fille Neda, 8 ans. Elle devrait épouser son petit ami Hamid qui se révèle charmeur et magouilleur. Mais son fils est renvoyé de l’école et elle doit confier ses enfants à son beau-père. Un accident tragique vient bouleverser sa vie et Mahnaz se lance dans une quête de justice, avec fureur, détermination et entêtement.
Analyse :
On pourrait reprocher à Roustaee de montrer des femmes voilées, à l’heure du mouvement « Femme, vie, liberté, » mais le visage de son héroïne dans ses habits amples n’en est que plus magnifiquement filmé. Mahnaz rayonne encore plus sous son voile avec ses grands yeux pétillants, sa peau éclatante. Ce qui ne l’empêche pas de céder à la chirurgie esthétique (premières images). Le cinéaste recourt avec pertinence à des gros plans de visages notamment celui de Majhnaz oscillant entre joie, amour, fureur, dévastation.
Les dialogues sont fournis, tendus, souvent violents, mais, par contraste, Roustaee réussit aussi des scènes quasiment muettes où seuls les yeux transmettent les émotions (scène entre Hamid et la sœur de Mahnaz, scène entre la petite Neda et le proviseur du collège). La caméra filme aussi à travers les vitres des visages floutés et s’attarde trois fois sur la cage d’escalier vue du sixième étage. Elle préfigure peut-être l’accident fatal qui bouleverse la vie de Mahnaz.
Les enfants de Mahnaz sont remarquablement dirigés par le cinéaste que ce soit le turbulent garçon de 14 ans ou sa petite sœur presque délaissée par sa mère. L’oppression patriarcale se manifeste à travers les exigences des familles à organiser des mariages fastueux et également à travers la quête de justice que Mahnaz poursuit avec hargne parfois à la limite de l’obstination.
Le film saisit d’émotion dans les scènes à l’hôpital et dans les salles de classes, dans les deux cas bondés. Puissant, pathétique, poignant, ce film nous hante. Il aurait peut-être mérité une palme à Cannes.
Dimitri Verdet
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