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Avec :
Hiam Abbass (Hanan). Kamel El Basha (Abu Rabab).Yasmine Al Massri (Khulud Atef). Jalal Altawil (Père Bolous). Robert Aramayo (Capitaine Wingate). Saleh Bakri (Khalid). Yafa Bakri (Rabab)…Jeremy Irons (Haut-commissaire Wauchope).
Née en 1974 à Bethléem, ses œuvres -plus de 16 films de fiction ou documentaires- ont été présentées à Cannes, Berlin, Venise, Locarno, Rotterdam et Toronto. En 2007 Le Sel de la mer est le 1er long-métrage palestinien (Prix Fipresci à Cannes et 14 autres récompenses internationales); suivi de Quand je t’ai vu (2012) et Wajib-l’invitation au mariage (2017).
Résumé :
En avril 1936, dans une Palestine sous mandat britannique, une grande révolte arabe marquée par une grève générale destinée à faire émerger un État indépendant se prépare, embrasant villes et campagnes.
Analyse :
A partir de 1923 le statut politique de la Palestine proposé par la SDN devient effectif et, au milieu des années 1930, les tensions autour de l’immigration sioniste et du pouvoir colonial anglais s’intensifient. Ce film est une impressionnante fresque flamboyante, naturaliste et romanesque, inspirée de faits historiques réels, et la reconstitution ambitieuse d’un tournant majeur dans l’histoire de la Palestine: la description d’un soulèvement massif des Palestiniens contre la domination coloniale britannique, laquelle a mis en place tout le système d’occupation militaire et d’oppression qui a façonné le cours de leurs vies dans les décennies suivantes. Le film est un document aussi précieux que passionnant sur l'émergence de la résistance palestinienne, et une œuvre politique efficace qui mêle la petite et la grande histoire et des images d’archives colorisées à la fiction. Il éclaire de façon pertinente une partie largement méconnue des racines de la situation géopolitique au Moyen-Orient et de la longue lutte des palestiniens pour leur indépendance. Le point de vue de la réalisatrice est certes résolument partial, celui d’un petit groupe de militants et de leur relation avec les Britanniques, qui jusqu’en 1948 -date de la fondation de l’état d’Israël suivie de la ‘Nakba’- continueront à promettre aux Palestiniens qu’ils pourront rester chez eux. Ainsi le film, émaillé de nombreux épisodes violents de répression par les Britanniques d’une révolte arabe certes généralisée mais emmenée par les fellahs ruraux, ne vise-t-il pas à aborder la problématique sioniste qui prévaudra ensuite mais reste ici hors champ. Il dépeint plutôt le portrait complexe d’une société composite où les femmes prennent aussi toute leur place: combinaison de plusieurs personnages féministes réels, la journaliste Khulud n’hésite pas à s’habiller en homme et à signer ses articles de journaux d’un pseudonyme masculin. Le couple qu’elle forme avec son mari Amir est traversé par de profonds désaccords politiques qui iront jusqu’à les séparer, illustrant le fait que cette société a néanmoins échoué, malgré la menace, à parler d’une même voix. Il reste que les nombreux fils conducteurs des histoires intimes qui s’entrecroisent dans ce film réussissent à former une sorte de tapisserie vivante d’une époque assez méconnue.
Jean-Michel Zucker
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