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Gianfranco Rosi est un réalisateur italien né en 1963 à Asmara en Éthiopie. Il est, avec Frederick Wiseman et Nicolas Philibert, un des rares documentaristes à avoir obtenu les prix les plus prestigieux dans les grands festivals européens : Sacro Gra, portrait d’individus hauts en couleur sur le périphérique de Rome, obtient le Lion d’or à la Mostra de Venise en 2013 et Fuocoammare, qui montre la vie des habitants de Lampedusa et des migrants qui arrivent sur l’île, est récompensé de l’Ours d’or à la Berlinale 2016. Pompéi sous les nuages a obtenu le Prix spécial du jury à la Mostra 2025.
Résumé :
Pompéi, Naples, le Vésuve. Des vies sous la menace du volcan : archéologues, pompiers, éducateurs, marins, photographes… La terre tremble et le passé infuse dans le présent de tous. En donnant voix aux habitants, le film compose un portrait inédit de la ville, comme une machine à voyager dans le temps.
Analyse :
« Cocteau écrivait que le Vésuve produisait tous les nuages du monde ». Cette phrase qui vient s’inscrire au début du film sur un ciel tourmenté où l’on distingue la silhouette du volcan donne le ton du film. Naples, les Champs Phlégréens et le Vésuve sont des lieux imprégnés d’histoire et de terreurs millénaires. Gianfranco Rosi nous conduit dans cette région, dans un très beau noir et blanc, en suivant différentes pistes, du passé au présent. Les ruines du passé sont partout : le film s’attache aux pas d’un procureur dans le dédale de tunnels creusés par des pilleurs de tombes ; il montre une conservatrice, qui cherche à mettre un peu d’ordre dans les immenses réserves du musée d’archéologie où s’entassent pêlemêle des statues de toutes les époques ; enfin on découvre une équipe d’archéologues japonais fouillant méthodiquement les ruines d’une villa pompéienne. Au présent, nous vivons le quotidien d’une équipe de pompiers que l’on appelle pour n’importe quoi, y compris pour savoir l’heure, mais aussi pour se rassurer lorsqu’un petit séisme se fait sentir. Et nous rencontrons deux Syriens dans les cuves immenses d’un vraquier qui apporte du blé d’Odessa. Ils avaient fui la guerre en Syrie et il la retrouve en Ukraine. Entre le présent et le passé, un vieil homme, dans une bibliothèque ou librairie délabrée, aide de jeunes enfants à faire leurs devoirs. Comme un rappel de la menace qui pèse, d’inquiétantes images de fumerolles et de nuages scandent le film. Et, films dans le film, des images d’un vieux péplum sur l’anéantissement de Pompéi et du film de Rossellini, Voyage en Italie, sont projetées dans un cinéma fantôme, en ruine et vide de tout spectateur. La séquence fameuse dans laquelle Ingrid Bergman et George Sanders assistent, lors d’une fouille, à la découverte d’un couple étroitement uni dans la mort, alors que leur propre couple se défait, est un lien symbolique entre le passé et le présent, la mort et l’espoir. Un film poétique et insolite, qui peut déconcerter mais aussi envoûter si on se laisse porter par le récit décousu et la beauté des images.
Jacques Champeaux
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