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Avec :
Blanche Gardin (Coline), Philippe Katerine (Basile), Bastien Bouillon (Lolo), Ole Eliassen (Ole), Martin Jensen (Martika).
Sébastien Betbeder, né en 1975, formé aux Beaux-Arts de Bordeaux, puis au Fresnoy, construit film après film une œuvre sensible et modeste où, dans une tonalité tissée de fantaisie et de mélancolie légère, se meuvent des personnages un peu perdus, doux, inadaptés. Il est l’auteur de 9 films parmi lesquels le 2 automnes 3 hivers (2013), Les Oubliés du cinéma (2023, mais aussi Le voyage au Groenland (2016) qui forme avec deux courts dont Inupiluk, Prix Jean Vigo, une trilogie arctique que L’Incroyable Femme des neiges vient parachever aujourd’hui.
Résumé :
Laissée pour pratiquement morte dans la neige de l’immensité immaculée groenlandaise, Coline va s’offrir un détour par son Jura d’origine avant de revenir s’immerger dans le désert blanc de l’Arctique.
Analyse :
Sautez sur vos skis de randonnée ou enfilez vos raquettes, et si vous n’en avez pas, louez en, en tout cas, foncez au Groenland rencontrer Coline, et dépêchez-vous, parce qu’elle va mourir dans la neige, cela on l’apprend dès le début, elle, l’exploratrice des deux pôles, bi-polaire aux deux sens du terme qui s’est fait licencier parce qu’elle est franchement invivable, et qui maintenant, sachant qu’il ne reste plus que la mèche à la bougie de sa vie, décide de repasser dans son Jura natal, histoire de revoir ses deux frères et de régler quelques vieux comptes, puis, sans rien dire à personne, de repartir au Groënland, retrouver le village Inuit qui l’a adoptée, et là elle poursuivra sa quête du Qivitoq, le yeti invisible qui accompagne les hommes jusqu’à la mort.
C’est un film inclassable qui évolue toujours dans la proximité du trop mais sans jamais passer la frontière. C’est loufoque, mais jamais trop. C’est excessif, mais jamais trop. C’est poétique, mais jamais trop. C’est touchant, mais… C’est même bouleversant par moments mais… En tout cas, à la fin du film, quand s’arrêtent les deux traîneaux à chiens qui conduisent Coline pour son dernier voyage, quand elle en descend et s’avance toute seule dans la blancheur immaculée de l’espace polaire, tandis que les inuits qui l’ont accompagnée ainsi que ses frères, présents eux aussi, (car les frangins ont voulu rejoindre leur sœur), forment une haie silencieuse en la regardant s’éloigner, il n’y a plus de place pour le « mais » : la scène s’impose, tout simplement. Mais comme ce film cultive l’art du « jamais trop », désamorçons le tragique sur le point de percer, et gardons en souvenir d’autres images qui font sourire, ainsi, dans un moment moins lourd, celle des deux amis de Coline, les Dupont et Dupond inuits, chantant à tue-tête en pleine banquise Champs Elyséesde Dassin.
Jean Lods
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