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Fiche technique :
Réalisation et scénario : Kleber Mendonça Filho –directeur de la photographie : Evgenia Alexandrova - montage : Eduardo Serrano et Matheus Farias - musique : Tomaz Alves Souza et Mateus Alves – décor : Thales Junqueira – production : Emilie Lesclaux, Kleber Mendonça Filho, Wagner Moura et Brent Travers - distribution en France : Ad Vitam –

Avec :
Wagner Moura : Marcelo Alves (Armando Solimões) et Fernando Solimões (adulte) ; Tânia Maria : Dona Sebastiana, la logeuse ; Maria Fernanda Cândido : Elza ; Robério Diógenes : Euclides, le commissaire ; Alice Carvalho : Fatima Nascimento, la femme de Marcelo ; Udo Kier : Hans…

L'agent secret (O agente secreto)

Réalisation :

Biographie :

Né en 1957, il fait des études de journalisme et devient critique de cinéma avant de se lancer dans la réalisation : Les Bruits de Recife (2012), Aquarius (2016), Bacurau (Prix du jury à Cannes en 2019) qui sont des triomphes critiques et populaires. Il éprouve une passion pour la matière sonore, signature de son cinéma à l’acoustique travaillée, et pour sa ville natale Recife, le « Hollywood du Nordeste », décor de tous ses films. Comme acteurs, il emploie à la fois des stars confirmées et des non professionnels de sa région. Depuis 2021, il a sa carte au Parti des travailleurs (PT).

Résumé :

En 1977, au Brésil, Marcelo arrive à Recife alors que la ville est en pleine effervescence carnavalesque. Il s'y rend pour retrouver son jeune fils et tenter de reconstruire sa vie. Mais son projet est compromis lorsque les échos de son ancienne vie refont surface.

Analyse :

Le film a reçu le prix de la mise en scène à Cannes en 2025 et l’acteur principal Wagner Moura le prix d'interprétation masculine. (ainsi que le Golden Globe du meilleur acteur dans un film dramatique en janvier 2026).

C’est un grand succès public au Brésil (1 million de personnes se sont déplacées pour le voir), souvent comparé à Je suis toujours là, de Walter Salles, triomphe de 2024, récompensé de l’Oscar du meilleur film international, parce que les deux films parlent de la dictature (1964-1985) et mettent en scène l’importance de la mémoire ; au Brésil, il y a eu une amnistie généralisée pour tous les crimes commis durant la dictature. Mais le traitement est différent : un ton mélodramatique, voire pathétique à travers le portrait de la veuve d’un député enlevé et tué pour Salles alors que Mendonça choisit le foisonnement polyphonique et la distanciation. Avec une intrigue complexe, subtile, contradictoire à l’image du Brésil que le réalisateur qualifie de pays « laid et magnifique, tendre et violent, conservateur et transgressif […] J’ai tourné L’Agent secret pour les plus jeunes, afin qu’ils voient et connaissent l’histoire de leur pays », ajoute le réalisateur avant de conclure : « Je préfère faire un film chaotique, dont la logique est humaine, qu’un film bien organisé et dénué d’humanité ». Outre la mémoire, on y retrouve, comme dans d’autres films de Mendonça, la thématique de la relation père/fils.

Il démarre par une séquence éblouissante qui résume tout le projet et la philosophie du film. Avec une constante dualité des personnages : un héros qui porte deux noms, un commissaire ripoux flanqué de ses deux fils idiots, un intellectuel fasciste et son rejeton (le film aborde le fait que la dictature n’a pas été le fait que des militaires, mais aussi d’autres pans de la société), un tailleur juif qu’on prend pour un nazi, deux étudiantes qui étudient les archives trente ans plus tard, et même un chat à deux têtes.

Sa réussite tient au choix judicieux des ellipses et du hors-champ, le tout dans une patine très années seventies et un luxueux scope (couleurs somptueuses et bien choisies). Les acteurs sont parfaits, notamment l’attachante Tânia Maria, 78 ans, artisane de la région du Seridó. Mendonça nous offre un mélange vertigineux des genres : le gore et le grotesque (la légende de la jambe poilue, qui rappelle les allégories de Glauber Rocha) y côtoient le thriller pur et dur (magnifiques poursuites), le carnaval dans son exubérance avec les menées noires qui s’y trament, le drame familial qui se mêle au film politique. Il s’agit vraiment, selon l’expression de Jacques Mandelbaum du Monde, d’un « tsunami narratif, informationnel, sensitif et référentiel charrié par ce thriller carnavalesque ».

Un grand film justement couronné.

Nic Diament

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