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Avec :
Camille Cottin (Alice), Sara Forestier (Rebecca), India Hair (Joan), Damien Bonnard (Thomas), Grégoire Ludig (Eric), Vincent Macaigne (Victor), Eric Caravaca (Stéphane Leroi), Mathieu Meliat (Martin).
Né en 1970, Emmanuel Mouret suit des études d’art dramatique pendant 4 ans et obtient un diplôme de la Fémis en section réalisation. Ayant réalisé son premier film à 19 ans, il a depuis enchaîné les films. Il est également acteur, a souvent joué le rôle principal dans ses films et signe également leurs scénarios.
Résumé :
Trois amies voient leurs relations amoureuses bouleversées à la suite de la disparition soudaine de l’ancien compagnon de l’une d’elle.
Analyse :
Pour son douzième long métrage, Emmanuel Mouret se penche sur son thème de prédilection : les relations amoureuses, déjà explorées dans Mademoiselle de Jonquières ou Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait, comme dans les films qui les précèdent. Cette fois-ci le réalisateur choisit de prendre de la distance avec son intrigue avec une voix off à la « Woody Allen » donnant la parole à l’un de ses protagonistes, fantôme d’un amoureux disparu au cours d’un accident mortel après une rupture sentimentale avec Joan, l’une des trois amies. Débutant le film avec fantaisie et légèreté en s’adressant directement au spectateur, la voix « fantôme » en fait son complice. Puis elle se fera plus grave, donnant son avis de temps en temps jusqu’à réapparaitre dans la vie de Joan dans une jolie scène de retrouvailles, suggérant que l’amour pur, dénué de possessivité, s’il existe surtout dans nos fantasmes, est bien l’un des thèmes majeurs de ce film. Car que cherchent les trois protagonistes, Joan, Alice et Rebecca, chacune avec leur tempérament mais toutes trois attachantes dans leurs sincérités successives, sinon à être fidèles à leurs sentiments sans faire du mal et provoquer de drame ? Le film nous plonge dans une sorte de manège passionnel, où interrogations taraudantes sur la sincérité des engagements, culpabilité et chassés-croisés se succèdent en de nombreux longs plans à deux ou à trois, dans un tempo qui évoque un peu celui du théâtre. Déchirées entre le besoin de sécurité et celui d’intensité et d’aventure, les trois amies sont accompagnées dans leurs atermoiements amoureux en un tourbillon qui donne un peu le vertige tant le scénario est dense – peut-être un peu trop – en péripéties du cœur. Emmanuel Mouret, en témoin d’une génération, ne cesse de s’interroger sur la confusion des sentiments. Il met brillamment en scène ce désordre amoureux, donnant la part belle aux femmes mais esquissant avec finesse des portraits d’hommes contemporains soumis aux mêmes interrogations et soucieux de respecter la liberté de leurs compagnes. Et si l’état amoureux semble si peu fiable, reste l’amitié, refuge de tendresse et de fidélité. Pour autant la dernière scène nous suggère discrètement que le cœur prévaut sur la raison et que la ronde des amours n’a pas fini de tourner. L’interprétation des acteurs, excellente, sert parfaitement le propos. Une mention spéciale pour la musique qui accompagne à la perfection les mouvements de ces cœurs.
Catherine Joseph
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