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Fiche technique :
Réalisation et Scénario : Francesca Comencini. Dir. Photo : Luca Bigazzi. Montage : Francesca Calvelli, Stefano Mariotti. Prod. : Kavac Film, Les films du Worso Rai Cinema. Distr.France. : Pyramide.

Avec :
Fabrizio Gifuni (Luigi Comencini), Romana Maggiora Vergano (Francesca Comencini), Anna Mangiocavallo (Francesca enfant.

Prima la vita

Italie, , 2024, 110min.

Réalisation : Francesca Comencini

Biographie :

Francesca Comencini, née à Rome en 1961, est la fille du réalisateur Luigi Comencini. Ayant abandonné des études de philosophie en 1982, elle déménage en France où elle rencontre le producteur Daniel Toscan du Plantier qu’elle épouse. Elle sort alors son premier film, Pianoforte Prix Vittorio de Sica), puis, avec son père pour le scénario, Un enfant de Calabre, avant de réaliser La Lumière du lac (1988). Parmi ses 14 films, au>Zeno (2001), J’aime travailler (2004, prix du jury œcuménique à Berlin), La Spazio Bianco (2009) et Une journée à Rome 2012).

Résumé :

A travers le prisme de sa relation avec son père, le grand cinéaste Luigi Comencini, Francesca Comencini traverse son histoire personnelle, depuis sa petite enfance dans les années 70 jusqu’à son âge adulte dans les années 85 où elle devient elle-même une cinéaste.

Analyse :

Le propos de ce film est audacieux et passionnant : Francesca Comencini y parle sans doute de son passé, mais elle en reforge la matière, elle rajoute, elle élimine, elle grossit, elle passe par les chemins du rêve, du fantasme et du cinéma, tout en limitant sa nombreuse famille à son seul père, bref elle construit une bulle cinématographique où elle se retrouve seule avec Luigi. Au fond, elle aurait pu titrer son film : « mon père et moi ». Ou encore « Lettre au père »

Car son film est une lettre au père, comme le texte de Kafka, c’est-à-dire un regard d’une extrême lucidité sur cet homme, tout de douceur et de fer, trop fort pour elle, qui l’a conduite jusqu’au cinéma. Une lettre au père en trois chapitres.

Le premier est celui de l’enfance, que Francesca Comencini traite en longues séquences ciselées, martelant en orfèvre le bronze de l’effigie. Comment y apparaît Luigi ? Présent, aimant, protecteur, sécurisant, possessif, directif, bref, il est partout. Il « est trop ». Il est un magicien puissant qui va enfermer sa fille dans son château enchanté : le cinéma. Voyez cette scène où il mêle sa fille au tournage de Pinocchio, en fait une figurante, et lui dit : « Quand je te dirai « Action ! », tu sautes ! » Et elle saute. Elle saute dans le cinéma. Pour longtemps. Elle ne le sait pas encore.

Le second est celui de l’adolescence : drogue et rébellion. Foin cette fois du récit soigneusement construit, mais une succession de séquences brèves, hachées, haletantes, violentes, douloureuses, découpant le film en autant de tranches fines, servies brûlantes. Tout va mal entre le père et la fille. Francesca se découvre nulle, faible, sans identité, merci Papa ! Mais cette force, cette identité qui lui manquent, c’est ce même père mis en procès qui va les lui donner en lui révélant le secret de sa victoire sur sa propre faiblesse, son propre manque à être : le cinéma. « Par le cinéma je pouvais m’enfuir ». Leçon comprise ?

On peut le penser avec le troisième chapitre : l’envol. Francesca tourne son premier film. Et son père est là, simple conseiller. Dans cette égalité enfin acquise, place une nouvelle fois à l’imaginaire. Dans une admirable séquence finale, l’un et l’autre décollent comme des personnages de Chagall. Ils volent côte à côte, s’éloignent, se rapprochent, puis se séparent, définitivement.

Luigi avait la devise, annoncée partiellement par le titre : « D’abord la vie, puis le cinéma ». Je ne suis pas sûr qu’il ne faille pas lire l’inverse.

Jean Lods

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