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Fiche technique :
Réalisation et scénario : Guy Gilles. Photographie : Jean-François Robin, Gilles Pollet, Guy Gilles, Joël David, François Naulet. Costumes : Reinhart Luthier. Montage : Hélène Viard. Son : Gérard Delassus. Musique : Marc Hillman, Jean-Pierre Stora. Production : Scorpion 5, Off Production. Distribution : Coline Distribution.

Avec :
Delphine Seyrig (Kate). Patrick Jouané (Karl). Sami Frey (Michel).Anouk Ferjac (Madame Garcia). Guy Bedos (Monsieur Garcia). Philippe Chemin (Roland). Caroline Cartier (Sophie). Jeanne Moreau (Maria).

Le jardin qui bascule

France, 2024, 92min.

Film de 1975 remastérisé en 2024

Réalisation : Guy Gilles

Biographie :

Trop tôt disparu (1938-1996), ce cinéaste fécond et injustement oublié alterne des CM et des LM qui sont des films d’amour et de mort, conscients du temps qui passe: L'Amour à la mer (1965), Au pan coupé (1968), le clair de terre (1970), Absences répétées, prix Jean Vigo 1973, inspiré par sa rupture avec Jeanne Moreau, avec son futur acteur fétiche Patrick Jouané.

Résumé :

Un dénommé Karl vient, sur contrat, d’exécuter un bistrotier. Le commanditaire de l’assassinat, un certain Monsieur Paul, propose au jeune homme, une autre exécution. Cette fois-ci la victime qui se prénomme Kate et qui habite dans une vaste demeure au bord de l’eau, va rapidement exercer une étrange fascination amoureuse sur le tueur

Analyse :

« Les films sont des actes poétiques avant d’être des spectacles », telle est la profession de foi de ce cinéaste autobiographique rongé par le spleen. Son 5ème opus, où se rencontrent pour une passion romantique fugitive, un jeune homme de vingt-cinq ans, Karl, et une femme à la maturité épanouie, Kate, en est l’illustration éclatante. Le film s’ouvre dans les flonflons et les lumières d'un soir de fête. Deux tueurs à gages, Karl et son ami Roland, voyous à gueule d’ange, pénètrent dans le jardin enchanté de la belle villa de Kate pour la supprimer. Il faut cependant oublier ce suspense car c’est une fausse piste. En effet, comme au cours d’un rêve, le long d’un fleuve et au milieu des fleurs, Karl tombe mystérieusement sous le charme de Kate, et dès lors c’est un temps suspendu qui distille le poison vénéneux qui ensorcèle ces fragiles personnages. Karl, prisonnier perdu d'une bande, découvre l’amour fou tandis que l’inconstante Kate, hantée par la fuite inexorable du temps et la précarité de son image, se hâte de jouir, consciente que son jardin des délices va basculer comme dans le rêve récurrent de Karl. De fait le piège se referme sur eux et après quelques jours et quelques nuits passés ensemble, Kate le rejette brusquement. Karl quitte la maison, et terrassé par la douleur tente d’approcher à nouveau Kate qui refuse de lui parler et de le voir. Rendu fou de désespoir il la tue : le crime crapuleux prémédité s’est mué en un crime passionnel inéluctable. De ce très beau film d’amour et de mort, où chaque plan est à contempler, émane un parfum doux-amer qui peut évoquer au spectateur le sortilège du conte envoûtant que fut Les visiteurs du soir scénarisé par Jacques Prévert. Delphine Seyrig, belle héroïne ambiguë et fatale, à la féminité fragile et émouvante, incarne à tous moments la nature insaisissable de la femme, soulignée aussi par la très belle chanson que Jeanne Moreau a écrite pour le film, Je m’ennuie la nuit sans toi. 

Jean-Michel Zucker

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