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Fiche technique :
Réalisation, scénario et musique : Viggo Mortensen – Directeur de la photographie : Marcel Zyskind – Production : Talipot Studio, Recorded Picture Company, Perceval Pictures – Distribution France : Metropolitan Filmexport.

Avec :
Vicky Krieps (Vivienne Le Coudy) – Viggo Mortensen (Holger Olsen) – Garret Dillahunt (Alfred Jeffries) – Solly McLeod (Weston Jeffries) – Danny Huston (le maire Rudolph Schiller).

Jusqu'au bout du monde (The Dead Don't Hurt)

Etats-Unis d'Amérique, 2024, 129min.

Réalisation : Viggo Mortensen

Biographie :

Né en 1958 à New York d’un père danois et d’une mère américaine, Viggo Mortensen est d’abord un acteur qui a connu le succès dans les années 2000 avec la saga du Seigneur des anneaux où il jouait Aragorn et en tournant pour David Cronenberg (A History of Violence, Les promesses de l’aube, A Dangerous Method). Également poète, musicien et peintre, il passe à la réalisation en 2020 avec Falling, un drame sur la vieillesse, dont il est également le scénariste et le compositeur, comme pour Jusqu’au bout du monde, son deuxième long-métrage comme réalisateur. 

Résumé :

L’Ouest américain, dans les années 1860. Après avoir fait la rencontre de Holger Olsen, immigré d’origine danoise, Vivienne Le Coudy, jeune femme canadienne résolument indépendante, accepte de le suivre dans le Nevada, pour vivre avec lui. Mais lorsque la guerre de Sécession éclate, Olsen décide de s’engager et Vivienne se retrouve seule. Elle doit désormais affronter Rudolph Schiller, le maire corrompu de la ville, et Alfred Jeffries, important propriétaire terrien. Il lui faut surtout résister aux avances plus qu’insistantes de Weston, le fils brutal et imprévisible d’Alfred. Quand Olsen rentre du front, Vivienne et lui ne sont plus les mêmes. Ils doivent réapprendre à se connaître pour s’accepter tels qu’ils sont devenus.

Analyse :

Lorsqu’apparait un nouveau film d’un genre aussi typé que le western, le spectateur se pose deux questions : Est-ce un vrai western ? Apporte-t-il quelque chose de nouveau au genre ? Jusqu’au bout du monde est bien un western en ce sens qu’il reprend les lieux, les personnages et les actions du genre. On retrouve les montagnes et les rochers du western classique, la bourgade poussiéreuse, le saloon mal famé et la prison délabrée, les bons et les méchants, le riche propriétaire sans scrupule et son fils ivrogne, violeur et tueur, le maire pourri et le juge corrompu et, face à eux, les habitants terrifiés et le justicier venu d’ailleurs. Le décor est planté, les personnages sont en place, le drame peut se dérouler. Et c’est dans ce déroulement que le film innove. D’abord sur la forme, à l’opposé des westerns classiques dont le déroulé est parfaitement linéaire, le film se déroule sur deux chronologies parallèles, et même trois si l’on ajoute les flash-backs sur l’enfance de Vivienne. Le film débute par deux actions indépendantes mais concomitantes : la mort de Vivienne et le massacre perpétué par Weston Jeffries dans le saloon. A partir de là, le film va se dérouler sur deux temporalités, le futur avec la traque de l’assassin par Olsen, le passé avec l’histoire d’amour vécue par Vivienne et Olsen. Si la traque est assez classique (si ce n’est que le duel final implique un justicier encombré d’un petit enfant), c’est sur l’histoire du couple que le film se démarque complètement du western classique. Vivienne est le personnage principal du film. Ni épouse soumise, ni putain, ni institutrice, les héroïnes traditionnelles du western, elle est une femme indépendante, avide de liberté et soucieuse de travailler pour la gagner, dans un monde d’hommes brutaux, plein de dangers pour une femme seule. Elle forme avec Olsen un couple amoureux « moderne » dont les retrouvailles difficiles après le retour d’Olsen sont un grand moment d’émotion porté par deux acteurs au sommet de leur art. Alors, western ou romance ? Peut-être un premier western féministe. 

Jacques Champeaux

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