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Fiche technique :
Réalisation : Sana Na N’Hada. Scénario : Virgilio Almeida et Olivier Marboeuf. Image : Joao Ribeiro. Son : Tristan Pontécaille. Montage : Sarah Salem. Musique originale : Remna Schwarz. Production : Spectre Productions, LX Films. Distribution :The Dark.

Avec :
Marcelino Antonio Ingira (Nome). Binete Undonque (Nambu). Marta Dabo (Cuta). Helena Sanca (Quiti). Paolo Inchama (To). Abubacar Banora (Espirito). Ninha Lucia Lopes (Djalma). Jorge Quintino Blague (Sem Pescoço).

Nome

Guinée-Bissau, France, Portugal, Angola, 2024, 117min.

Réalisation : Sana Na N’Hada

Biographie :

Né en 1950, il s’engage dès l’âge de 13 ans dans la guerre d’indépendance puis est envoyé à Cuba par le leader Amilcar Cabral pour apprendre le cinéma et pouvoir documenter la lutte. Reporter ensuite dans le maquis sur les fronts Nord et Est, il filme le 24 septembre 1973 la proclamation de l’Etat de Guinée-Bissau. Son cinéma, surtout documentaire, est aussi une méditation sur la destruction des sociétés traditionnelles.

Résumé :

Guinée-Bissau, 1969. Une guerre violente oppose l’armée coloniale portugaise aux guérilleros du Parti Africain pour l'Indépendance de la Guinée. Nome quitte son village et rejoint le maquis. Après des années, il rentrera en héros, mais la liesse laissera bientôt la place à l’amertume et au cynisme.

Analyse :

Ce troisième long-métrage de fiction de l’auteur est une épopée baroque et poétique qui ne fait pas que retracer la guerre menée contre l’occupant portugais, de 1963 à la « révolution des œillets » de 1974. C’est un film choral, une oeuvre hybride dont la texture fantastique entremêle subtilement des images d’archives muettes et fragiles, retrouvées et retravaillées, à l’itinéraire d’un anti héros, Nome, nom de tous ceux qui ont rejoint la guérilla. Jeune homme indolent dont une très belle scène nous fait découvrir sa complicité amoureuse avec sa cousine Nambu, Nome, fuyant ses responsabilités lorsque celle-ci devient enceinte, s’engage sans conviction politique dans l’armée de libération. En contrepoint onirique, une autre ligne narrative s’intéresse dès la 1ère séquence à un enfant hanté par le fantôme de son père mort qui, tandis que des vautours planent au-dessus de lui, tente de fabriquer un instrument de musique traditionnel taillé dans un tronc d’arbre, le bombolon, qui servait à tromper les colons en masquant les réunions politiques. Ainsi mêlant les époques, mais aussi les morts et les vivants, le film dépeint-il une société partiellement animiste, avec ses âmes damnées errantes. tandis qu’un Esprit, personnage fantomatique au visage blanc, assiste impuissant au cours des événements. Vision âpre de la lutte pour l’indépendance, l’aventure de Nome, débordant tout d’abord d’une énergie joyeuse, se montre pleine de désillusion lorsqu’il revient du front. Il déménage à Bissau et, devenu affairiste, veut sa part du gâteau. Que reste-t-il alors de la révolution ? Ce chef d’oeuvre puissant et envoûtant, très justement sélectionné à Cannes par ACID, ne touchera pas seulement tous ceux qui dans les années 70 se sont passionnés pour les luttes des colonies portugaises pour leur indépendance. Tous les spectateurs seront longuement hantés par ces plans de toute beauté et l’intensité du jeu d’acteurs aux beaux visages expressifs, totalement engagés dans leur rôle. 

Jean-Michel Zucker

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