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Fiche technique :
Réalisation et scénario : Régis Sauder. Image: Aurélien Py, Régis Sauder. Montage : Agnès Bruckert. Son : Pierre-Alain Mathieu. Montage son, bruitage et mixage : Nathalie Vidal, Elias Boughedir, Pierre André. Production : Shellac et Arte France cinéma. Distribution : Shellac.

En nous (Documentaire)

France, 2022, 99min.

Réalisation : Régis Sauder

Biographie :

Régis Sauder est né en 1970, à Forbach en Moselle. Après des études de neurosciences et un début de parcours dans des revues de vulgarisation scientifique, il s’oriente vers le cinéma documentaire et réalise en 2011 son premier long-métrage, Nous, princesses de Clèves, tourné à Marseille où il réside désormais. Il crée par ailleurs des installations pour des musées et théâtres. On lui doit aussi Etre là (2012), Retour à Forbach (2017), J’ai aimé vivre là (2021).

Résumé :

l y a dix ans, dans Nous, princesse de Clèves, Abou, Morgane, Laura, Cadiatou et les autres, un groupe d’adolescents d’un lycée des quartiers Nord de Marseille, rencontraient sous la houlette d’Emmanuelle, leur professeure de français, un grand texte qui faisait écho à leurs peurs et à leurs aspirations et qu’ils allaient s’approprier. Tous se retrouvent aujourd’hui autour de leur enseignante et les souvenirs se mélangent aux récits de leur vie et des obstacles à surmonter. Que reste-t-il de leurs espoirs de liberté, d’égalité et de fraternité ?

Analyse :

Régis Sauder est l’un des plus brillants documentaristes français de notre temps et son 5ème film a fait à Paris l’ouverture de la 44ème édition du Cinéma du réel. Que sont devenus, 10 ans après Nous, princesse de Clèves, ces jeunes gens issus de milieux défavorisés ? La phrase du roman de Madame de Lafayette -«Je sais bien qu’il n’y a rien de plus difficile que ce que j’entreprends»- trouve plus que jamais écho en eux. Qu’ont-ils gardé de l’école? Que reste-t-il en eux, engagés dans leur vie affective et professionnelle, de leur colère envers l’inégalité des chances ? En revoyant le passé pour éclairer le présent, les images actuelles et les archives du 1er film racontent la maturation des esprits et des corps, et mesurent le chemin parcouru. Epris de leur première expérience cinématographique, désireux de reprendre la parole, et conscients de jouer à nouveau leur propre personnage et d’être les « alliés » du metteur en scène qui ne les a jamais perdus de vue et les a suivis dans leur parcours, ces jeunes adultes sont au seuil d’un projet de vie avec les choix qu’il implique, convaincus que les jeux ne sont pas faits dès avant la sortie du lycée: en témoigne notamment l’émouvante scène de prestation de serment de Laura pour sa thèse de doctorat en médecine. L’enseignante quant à elle, en voix off, interroge la façon dont la promesse républicaine de l’école et l’accès à la culture classique s’est incarnée dans le parcours de ces jeunes, émaillé d’obstacles qui nourrissent la dimension épique dans laquelle le réalisateur inscrit délibérément ses acteurs-héros. C’est avec une empathie évidente et une grande attention à leurs visages que le réalisateur accompagne la mise en scène de leur personnage que ces jeunes, conscients de devoir se battre davantage que d’autres pour trouver leur place dans la société, construisent avec lui, dans le souci de faire place à l’aspect aussi bien intime que politique de leur témoignage qui met en tension les images et les récits de l’époque et ceux d’aujourd’hui. C’est à partir de leur expérience sociale d’enfants des quartiers populaires de Marseille qu’ils se définissent, sans misérabilisme ni fatalisme mais avec la fierté d’un héritage commun à transformer.      

Jean-Michel Zucker

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