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Fiche technique :
Réalisation et scénario : Axelle Ropert. Image : Sébastien Buchmann. Son et mixage : Laurent Gabiot. Montage : Héloïse Pelloquet. Musique : Benjamin Esdraffo. Production : Aurora films. Distribution : Haut et court.

Avec :
Jade Springer (Solange). Léa Drucker (Aurélia). Philippe Katerine (Antoine). Grégoire Montana-Haroche (Romain). Chloé Astor (Gina). Marthe Léon (Lili).

Petite Solange

France, 2022, 85min.

Prix Jean Vigo 2021

Réalisation : Axelle Ropert

Biographie :

Née en 1972, elle commence comme scénariste dans les films de Serge Bozon, son compagnon. Elle est aussi co-rédactrice en chef de la revue La Lettre du cinéma et critique pour Les Inrockuptibles. Après La famille Wolberg (2009), Tirez la langue mademoiselle (2011), et La prunelle de mes yeux (2016), ce 4ème film confirme son goût pour les ressources mélodramatiques que recèle la vie familiale.

Résumé :

Solange, 14 ans, est une jeune adolescente d’aujourd’hui, pleine de vie et de curiosité pour l’avenir, avec quelque chose de spécial : elle est sentimentale à l’excès et adore ses parents. Un jour, ceux-ci commencent à s’éloigner et tandis que l’ombre du divorce se précise, Solange voit son monde se fissurer. Alors elle va s’inquiéter, souffrir, combattre…et grandir.

Analyse :

Prix Jean Vigo 2021, il s’agit ici du beau parcours initiatique d’une toute jeune fille à l’épreuve de la séparation parentale. Solange Maserati - Jade Springer, une chance pour le film - a 14 ans et vit à Nantes. C’est une adolescente extravertie et hypersensible, débordante d’amour pour sa famille. Le film s’ouvre sur une scène détendue de bonheur partagé -la fête anniversaire des 20 ans de mariage de ses parents: Antoine -Philippe Katerine-, un marchand d’instruments de musique à la paternité démonstrative, et Aurélia -Léa Drucker-, une actrice complètement absorbée par son métier. Peu après, surprenant une vive dispute entre eux, Solange pressent la menace d’un divorce. Tandis que ce risque grandit et qu’elle perd pied dans sa vie, son frère Romain, 21 ans, choisit pour sa part de partir poursuivre ses études en Espagne laissant sa soeur encore plus seule. S’imaginant pouvoir cacher à leurs enfants le fossé qui s’approfondit entre eux, les parents s’enferment dans leur monde et dès lors la tendre Solange va souffrir de ce naufrage familial - décrochage scolaire, refuge auprès d’une amie de coeur - mais réagir aussi, sevrée brutalement de l’innocence de son enfance et ne se sentant plus protégée par ses parents, en tirant les conséquences de ce catapultage trop précoce parmi les adultes. Ce qui fait toute la richesse du film -un bijou de finesse, de pudeur, d’intelligence, de sensibilité dans l’approche des sentiments de Solange, qui redoute puis subit l’écroulement du bonheur familial avant de se reconstruire- est ici que le divorce est raconté du point de vue de l’enfant, ce qui a été peu montré au cinéma. Ce mélodrame très dépouillé est d’une incroyable justesse, tant dans ses dialogues, succincts au point d’être lacunaires comme la communication au sein de la famille, que dans son interprétation, distante de tout pathos. La réalisatrice choisit de ne jamais filmer directement de dispute entre les parents, la violence ressentie par Solange émanant d’images et de sons d’autant plus présents que tenus à distance.

Jean-Michel Zucker

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