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Fiche technique :
Réalisatrice : Maïwenn. Scénario : Maïwenn, Mathieu Demy. Photographie : Sylvestre Dedise. Montage : Laure Gardette. Compositeur : Stephen Warbeck. Distributeur France : Le Pacte.

Avec :
Neige (Maïwenn), Omar Marwan (Emir Fellah), Fanny Ardant (Caroline), Louis Garrel (François), Dylan Robert (Kevin), Marina Vacth (Lilah), Alain Françon (Pierre), Ali (Florent Laeger).

ADN (DNA)

Algérie, France, 2020, 90min.

Réalisation : Maïwenn

Biographie :

Maïwenn Le Besco, dite Maïwenn, née en 1976, près de Paris, est une actrice, scénariste et réalisatrice française, née d'une mère franco-algérienne et d'un père breton d'origine vietnamienne. Après un premier film autobiographique, Pardonnez-moi (2006), elle réalise Le bal des actrices (2009), Polisse (Prix du jury à Cannes 2011), Mon Roi (2015, primé à Cannes). ADN, son 5ème long-métrage, était sélectionné à Cannes en 2020.

Résumé :

Neige, divorcée et mère de trois enfants, rend régulièrement visite à son grand père algérien, Emir, auquel elle voue une grande affection. Il vit désormais en maison de retraite. Sa mort ravive les tensions familiales et plonge Neige dans une profonde quête identitaire.

Analyse :

Maïwenn, dont on connaît déjà, par ses précédents films, les relations compliquées avec ses parents, nous introduit dans l'intimité d'une famille que domine la figure d'un grand père originaire d'Algérie, Emir, ancien militant communiste. On le voit vivre ses derniers jours, accompagné par son petit fils Ali, dans une résidence pour malades d'Alzheimer: des scènes émouvantes, nostalgiques. A sa mort, le chagrin dévaste sa petite fille Neige (prénom inspiré par le roman de Kateb Yacine, Nedjma), qui est en conflit permanent avec sa mère (Fanny Ardant, magnifique!). La réalisatrice passe avec talent du registre intime aux scènes collectives, qu'elle filme avec fougue et vivacité. Tandis que s'organisent, tant bien que mal, les obsèques d'Emir, au milieu des voix discordantes de ses nombreux parents et descendants, l'émotion le dispute souvent au comique (grâce en partie au personnage de Louis Garrel, plein d'humour). Certains moments sont bien captés comme lorsqu'il faut choisir, avant la crémation, de quel bois sera le cercueil. La question de l'identité profonde d'Emir est posée à sa famille : quel rite doit-on observer pour ce grand père français, républicain, musulman, 'détestant la religion et toutes les religions' et 'attaché à la laïcité'? Neige, qui ne s'entend pas non plus avec son père (Alain Françon), se pose elle-même la question de ses propres racines. Elle contacte alors un laboratoire américain spécialisé dans la recherche de l'ADN, mais cette partie du film est un peu longue et artificielle. ADN est un dans l'ensemble un film personnel et original sur le deuil, la transmission, les origines et l'identité, tourné avec beaucoup de naturel et de sincérité.

Françoise Wilkowski-Dehove

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