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Avec :
Christian Bale (Capitaine Joseph Blocker), Rosamund Pike (Rosalee Quaid), Wes Studi (Chef Yellow Hawk), Adam Beach (Black Hawk), Paul Anderson (Caporal Tommy Thomas), Ben Foster (Charles Wills), Rory Cochrane (Sergent-chef Thomas Metz), Jessie Plemons (Lieutenant Rudy Kidder).
Né en 1970, Scott Cooper est d'abord acteur puis scénariste et réalisateur à partir de 2009 avec Crazy heart(film musical avec Jeff Bridges en chanteur country déchu), Les Brasiers de la colèreen 2013 (la misère de la classe ouvrière) et Strictly criminalen 2015 (la Mafia). Les sujets, très différents font partie de l'histoire américaine, dans une vision sans filtre d'une société bousculée, heurtée. Avec Hostiles, il réalise son souhait de faire un western, à sa façon.
Résumé :
En 1892 le Capitaine Jo Blocker doit une dernière mission à l'armée avant de raccrocher. Héros sans pitié de la guerre contre les Indiens, il reçoit l'ordre, contre son gré, d'escorter un vieux chef cheyenne, libéré car malade, avec sa famille, vers sa terre tribale, par ordre du président des Etats-Unis. Du Nouveau Mexique au Montana, la route est longue et périlleuse. A la troupe s'ajoutent bientôt une femme rescapée du massacre de sa famille et un soldat meurtrier qui doit être pendu.
Analyse :
« L’âme américaine est dure, solitaire, stoïque. C'est une tueuse. Elle n'a pas encore été délayée». Cette phrase de D.H. Lawrence en exergue nous donne le ton de l’œuvre qui nous attend, après le massacre d'une famille de colons par des Comanches, en scène d'introduction.
Hostiles ? Les Comanches, certainement, les Cheyennes tout autant mais aussi les soldats et la société civile des trappeurs ou des propriétaires terriens. Tous sont des sauvages, ne comptant que sur la violence et leur haine de l'autre pour survivre. Hostile aussi, la nature et ses grands espaces d'où la mort peut surgir en une fraction de seconde, ne choisissant pas vraiment celui qui va disparaître. Même le cadrage en contre-plongée dans les magnifiques roches des canyons nous terrifie par leur énormité.
Mais face à ces hommes, notre ressenti n'est plus aussi tranché. Le caporal souffre de mélancolie, et le capitaine verse des larmes. La femme au lieu de sombrer dans la folie se renforce avec sa foi chrétienne et devient aussi combattante que les hommes. Le Cheyenne devient un allié précieux dans la lutte contre les Comanches sanguinaires. Scott Cooper laisse le spectateur éprouver tous ces sentiments contradictoires.
Les vues en cinémascope sont dignes de notre admiration westernienne, la fidélité historique, dans les moindres détails, à cette époque barbare, est plus proche de Sam Peckinpah que de John Ford. La langue cheyenne, que parle le capitaine avec son frère-ennemi, est ici ressuscitée dans sa beauté.
Grâce au jeu des acteurs, la profondeur de l'émotion et de l'évolution de l'âme vibre dans ce rapprochement humain sur le chemin du pardon. C'est une avancée dans le classicisme du genre. L'humanité existe malgré la violence, même si l'homme (américain ou universel ?) n'a pas vraiment changé depuis deux siècles.
Arielle Domon
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