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Fiche technique :

Réalisation :Réalisation : Olivier Assayas. Montage : Luc Barnier. Photographie : Eric Gauthier. Décoration : François-Renaud Labarthe. Costumes : Anaïs Romand, Jorgen Doering. Son : Nicolas Cantin, Olivier Goinard. Production : Claire Dornoy, Marin Karmitz, Charles Gilibert.

L'heure d'été

France, 2008, 100min.

Réalisation : Olivier Assayas

Biographie :

Olivier Assayas, né en 1955, a été critique aux « Cahiers du Cinéma » puis scénariste avant d’être réalisateur. Longtemps il a refusé les facilités commerciales : « Irma Vep » était un hommage à Louis Feuillade ; « Les destinées sentimentales » ont marqué son entrée dans la cour des grands. Il alterne les faux polars (« Demonlover », « Boarding gate ») et des œuvres d’esthète cultivé qui sait la valeur du passé (« Fin août, début septembre », et .. « L’heure d’été »).

Résumé :

Hélène, 75 ans, et qui songe à la mort, réunit ses enfants épars dans le monde pour son anniversaire dans une confortable résidence campagnarde pleine de charmes et riche en trésors artistiques : deux Corot, des meubles de Majorelle, etc… et des peintures d’un beau-frère peintre de grand renom disparu. Ayant, pour l’occasion et en aparté, confié à l’ainé de ses fils, Frédéric, une sorte de testament spirituel, elle ne tarde pas à succomber. Commence le lent cheminement vers la dispersion du patrimoine et les étapes qui l’accompagnent.

Analyse :

Le propos pouvait sembler austère : comment séduire le grand public avec le spectacle des dissensions familiales consécutives au deuil et aux enjeux patrimoniaux à la clé ? On rendra grâce à Assayas de ne pas avoir sombré dans la facilité du mélodrame, dont ce genre de situations est très souvent le théâtre. Certes, un fulgurant regard de Frédéric à ses frère et sœur en dit long, lui qui avait espéré que seraient conservés pour la « tribu », la propriété, son riche contenu… et la fidèle gouvernante Héloïse. Mais malgré le poids d’un passé commun, des verts paradis de l’enfance, frères et sœur ont, eux, tourné la page ... avec de bonnes raisons.
Ainsi va la vie, le ressentiment fait place à la tristesse. Cette tristesse qui habitait déjà la mère, au soir de l’ultime fête commune : lasse, elle monte le perron solitaire, s’abîme dans ses pensées, dans l’obscurité délibérée. La suite ? Frédéric, seul à proximité, coordonne le démantèlement de la fortune, notaire et experts du Musée d’Orsay, longuement rompus à la politesse de circonstance, soupèsent, estiment, quantifient… L’âme des œuvres d’art, des objets précieux, a disparu, sitôt accrochés aux cimaises ou trônant dans les vitrines ou au-delà des barrières de velours cramoisi. Le voyeurisme anonyme, aux lieu et place d’un passé…déposé. La fin est à l’image de cette œuvre impressionniste, qui évoque souvent, en des scènes champêtres, le lumineux « Dimanche à la campagne » : la poignante tristesse de la vieille gouvernante Héloïse, au spectacle, quasi clandestinement découvert, de la vaste demeure, vidée de tout, livrée aux courants d’air et aux restes d’emballage. Mais aussi, l’ultime « boom » organisée par la jeunesse au début de l’été, sur les lieux-mêmes de ce drame bourgeois qui s’achève : bref instant de pause, de tendresse, d’ultime regret peut-être, avant de passer, et sans doute est-ce très bien ainsi, à … autre chose.

Jacques Agulhon

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