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Fiche technique :

Réalisation : et Scénario : Terrence Malick - Image : Tak Fujimoto, Stevan Larner, Brian Probyn - Montage : Robert Estrin - Distribution France : Warner Columbia

Avec :

Martin Sheen (Kit) ; Sissy Spacek (Holly) ; Warren Oates (père de Holly).

La balade sauvage

Etats-Unis d'Amérique, 1975, 95min.

Réalisation : Terrence Malick

Biographie :

Terrence Malick est né aux USA en 1943, dans une famille qui a fui les massacres des chrétiens d‘Orient sous l’empire ottoman en 1914-1918. Après ses études à Harvard et Oxford, il a enseigné la philosophie au MIT. Il n’a tourné que cinq longs métrages, La Balade sauvage (1973), Les Moissons du ciel (1978), La Ligne rouge (1998), Le Nouveau Monde (2005), The Tree of Life (2011). Quatre, dont le premier, ont reçu les plus hautes récompenses.

Résumé :

Le père d’une adolescente s’oppose à sa relation avec un éboueur qui la fascine. L’amoureux éconduit le tue et le couple part dans une cavale meurtrière.

Analyse :

Sur la pelouse devant la maison de Holly, Kit joue à être James Dean. Holly s’y laisse prendre et accepte une balade en ville avec lui. C’est le schéma classique de la séduction par un mauvais garçon amoureux et gentil. C’était aussi la première scène de Bonny and Clyde de Arthur Penn en 1967. Mais Holly est une jeune collégienne de quinze ans qui étudie la musique et porte des socquettes blanches, et non la serveuse délurée séduite par la violence. C’est la jeune fille qui raconte son histoire avec beaucoup de recul. A travers cette voix off, on découvre les risques de l’adolescence. Une admiration inconditionnelle pour le personnage rebelle et attachant que se construit Kit, pousse Holly à fuir avec lui malgré l’assassinat de son père. Leur vie de Robinsons dans la forêt, enchante son côté encore enfantin, puis, devant l’accumulation de la violence gratuite et naturelle de Kit, elle finit par renoncer à le suivre.

Après L’arbre de vie, il est spécialement intéressant de reconnaître dans ce premier film les germes de la recherche esthétique éclatant dans le dernier film de Terrence Malick : il a épuisé non moins de trois directeurs de photo pour parfaire son œuvre. Et c’est une réussite ! De plus, chaque cadrage, chaque choix de couleurs, chaque long plan de paysage est le fruit d’une réflexion minutieuse sur les métaphores recherchées. L’incendie de la maison de Holly est intercalée de plans de l’incendie de sa maison de poupée, signalant ainsi ce qui serait la fin de l’enfance de la jeune fille, mais aussi qu’accompagnant Kit dans cette aventure, elle participe encore à un jeu d’enfant. La cérémonie d’enterrement des photos d’enfance de Holly marque un pas de plus : les yeux de Holly commencent à se dessiller, mais son argument pour revenir à une vie normale reste celui du confort d’une salle de bains. On peut s’étonner de la réussite de Sissy Spacek dans ce rôle d’adolescente alors qu’elle avait vingt-quatre ans à l’époque. Ses formes fluettes et ses tâches de rousseur y sont pour quelque chose, mais surtout sa parfaite maîtrise des attitudes, et des expressions d’une fille de quinze ans. Elle a interprété Carrie, dans le film (du même nom) de Brian de Palma, trois ans plus tard, rôle pour lequel a été récompensée au Festival d’Avoriaz. Le scénario de La balade sauvage est tiré d’un fait divers datant de 1958 : un jeune homme de dix-neuf ans surnommé ‘Mad Dog Killer’, dont l’idole était James Dean, et sa compagne de quatorze, ont assassiné onze personnes au cours d’une virée dans le Nebraska et le Colorado. Mais on peut citer bien d’autres films traitant des manques de repères de la jeunesse aux Etats-Unis et de la violence qui en découle : Thelma et Louise de Ridley Scott (1991) ou, plus récemment, Le King de James Marsh (2006) qui séduit une jeune fille pour massacrer toute sa famille. Dans des paysages somptueux, Malick nous montre, sur un ton détaché, une jeunesse à la dérive, à la recherche de modèles, de héros, totalement inconsciente de sa sauvagerie, mais aussi un couple capable de respect et d’amour l’un pour l’autre.

Nicole Vercueil

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