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Avec :
Mikhaîl Kaufman (l'opérateur), Elisaveta Svilova (la monteuse).
Dziga Vertov (1896-1954) , poète et musicien d’avant-garde, s’engage dès 1918 au service de la Révolution russe. En 1924, il crée, avec son frère Mikhaîl Kaufman et sa femme Elisaveta Svilova, le groupe « Cinéma-oeil »(kino-glaz) qui a pour objectif de réaliser un cinéma nouveau, débarrassé de la narration et de tout appel au sentiment. Il n’y a donc ni histoire, ni acteurs, ni décors. Réalisateur, scénariste et monteur, Vertov est l'auteur de dizaines de documentaires dont La symphonie du Donbass (1930) et Trois chants sur Lénine (1934).
Résumé :
A Odessa, la ville s'éveille.Un homme à la caméra se promène, son appareil à l'épaule. Il cherche à saisir le rythme de la ville, ceux qu'il croise.
Analyse :
Le film commence par un avertissement au spectateur : « Ce film est un essai de diffusion cinématographique de scènes visuelles : - sans recours aux intertitres - sans recours à un scenario – sans recours au théâtre. Cette œuvre expérimentale a pour but de créer un langage cinématographique absolu et universel, complètement libéré du langage théâtral ou littéraire».
Nous y voyons un opérateur (Mikhaîl Kaufman) qui filme la vie d’Odessa du matin au soir, presque toujours à l’insu des personnes filmées. La caméra, une Debrie Parvo employée par tous les cinéastes de l’époque, s’infiltre partout, même dans l’intimité la plus privée. L’objectif est de montrer la vie telle qu’elle est, C’est la « caméra-oeil », un œil mécanique dépourvu de toute subjectivité.
Elle s’intéresse à tous les aspects de la vie, C’est le monde du travail qui est le plus montré (2/3 du film) : les usines, la mine, les filatures, les machines, les transports, la police. Mais on y voit aussi les sports, les secours, les divertissements, la vie sociale, les salons de beauté, et surtout les déplacements. La ville semble vivre dans un mouvement perpétuel, parfois frénétique. En train, en tramway, à vélo, en voiture, en calèche, en avion, tous les habitants s’agitent. En particulier l’opérateur qui, pour filmer la vie au plus près, court, grimpe, se coule sous un train, et ne recule devant rien pour explorer le monde. C’est un hymne à la vie, et à la modernité - et au cinéma ! Ce qui n’exclut pas quelques ombres au tableau : des personnes en haillons dorment sur un banc, des enfants miséreux jouent dans la rue. Rien n’échappe à la caméra.
Qu’est-ce qui fait l’unité de ce film ? Comment donner un sens à une telle accumulation d’images disparates ? Par le montage. On voit d’ailleurs la monteuse (Elisaveta Svilova) monter .Les images sont reliées par centres d’intérêt, par affinité de points de vue, avec une inventivité éblouissante.
Vertov fait aussi oeuvre didactique, Il utilise tous les moyens pour montrer ce qu’on peut faire avec une caméra : mise au point de l’image, plongée, contre-plongée, accélération du rythme, déformation de l’image, image découpée en plusieurs parties, toute la grammaire du cinéma est utilisée. Ce qui explique pourquoi ce film est étudié encore aujourd’hui dans les écoles de cinéma.
Paulette Queyroy
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