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Fiche technique :

Réalisation :Réalisation : Milos Forman ; Scénario : Milos Forman et Jean-Claude Carrière ; Image : Javier Aguirresarobe ; Compositeur : José Nieto ; Montage: Adam Boone ; Costumes : Patrizia von Brandenstein. Production : Saul Zaentz, sociétés: Kanzaman, The Saul Zaentz company, Xuxa produçôes.

Les fantômes de Goya

Espagne, Etats-Unis d'Amérique, 2007, 114min.

Réalisation : Milos Forman

Biographie :

Milos Forman (Tchécoslovaquie, né en 1932) quitte son pays (entre autres : Les amours d’une blonde, 1965) pour la France en 1968 (début de sa collaboration avec Jean-Claude Carrière) puis bientôt les Etats Unis. Parmi ses grands succès : Vol au dessus d’un nid de coucou, 1975 ; Amadeus, 1984. Il dit avoir dès la Tchécoslovquie pensé à un film sur l’Inquisition, avatar du totalitarisme, qui deviendra Goya’s Ghosts.

Résumé :

Francisco Goya, peintre de cour et donc protégé, voit partir un de ses modèles, Inès fille d’un ami, aux griffes de la cruelle Inquisition – bien sûr injustement. Il fait intervenir un puissant prélat, dont il a l’oreille parce qu’il fait son portrait, qui va engrosser la malheureuse dans sa prison. Plus tard, arrivent les Français pour « libérer » de l’oppression noble et cléricale les Espagnols qui n’en demandaient pas tant et se révoltent. Dans l’affaire, Inès rendue folle par les tortures sort de sa geôle. Le prélat devenu collaborateur des français la fait enfermer à nouveau, en asile cette fois. Les Anglais ramènent au pouvoir l’Inquisition, qui exécute le prélat collaborateur, et Inès, tenant dans ses bras un enfant trouvé qu’elle croit sien, accompagne de sa tendresse la charrette qui emporte le cadavre du père…

Analyse :

Du mélodrame à en revendre, et des dénonciations qui semblent autant de portes ouvertes – mais une reconstitution faite avec soin de l’époque et du milieu. Forman s’est appliqué en particulier à rendre l’esprit, et parfois la lettre, des fameuses lithographies de Goya (Caprichos, Desastres de la guerra) dont des reproductions magnifiques servent d’ailleurs à ouvrir et fermer le film. Si les institutions et caractères – l’église, la cour, l’armée, le fourbe, l’innocente, les gens du peuple… - sont décrits par caricatures plus que par portraits, conformément au style des lithographies-pamphlets, les acteurs parviennent à leur rendre ce quelque peu de crédibilité indispensable au plaisir du spectateur. Javier Bardem joue le traître charmeur au regard froid et sournois, Michael Lonsdale le haut responsable que le bien de sa cause rend aveugle à toute autre valeur. Natalie Portman apparaît en jeune fille heureuse, en démente éperdue de douleur et en jeune prostituée que la vie a déjà glacée, avec la même force de conviction. Stellan Skarsgard, dans le rôle périphérique de Goya, témoin assez effaré des crimes et de la folie autour de lui, campe un personnage attachant qui surmonte avec effort sa naturelle crainte des puissants pour en appeler malgré tout à la justice. Ce qui ne sert à rien, mais devait être fait.
Ni un chef d’œuvre, ni un navet – un coup d’épée dans l’eau peut-être, en tous cas une visite rare dans un coin d’histoire peu fréquenté, et surtout un rappel bienvenu au témoignage brûlant et génial d’un grand peintre dont les yeux ont vu l’horreur.

Jacques Vercueil

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