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(USA 1948)

John Wayne : Robert Marmaduke Hightower (Marmaduke prénom masculin irlandais - seigneur des mers -, Hightower dépeint John Wayne, d'origine irlandaise 'grand comme une tour')

Harry Carey Jr.: William Kearney

Pedro Armendáriz : Pedro "Pete" Fuerte

Ward Bond : Sheriff Buck Sweet (Buck = Daim, Sweet = doux, donc Biquet)


Un vieux western à la moulinette

Le fils du désert de John Ford dans le cadre des 500 ans de la Réforme

Un bon réalisateur a une idée précise de ce qu'il veut représenter autour de chaque image (personnages, décors, musiques, dialogues, etc.) de manière à suggérer chez le spectateur les références et les émotions en accord avec le sens qu'il veut donner au film. Rien ne doit être laissé au hasard. C'est pourquoi une analyse d'images un peu approfondie, bien que personnelle à celui qui la mène, ne peut pas être étrangère aux intentions du cinéaste. Cet article veut s'attacher à reconnaître dans Le fils du désert le sens souhaité par le réalisateur à travers ses images, mais on y trouvera aussi, sans doute, un peu de l'auteur.

Le choix de ce film

Ce film a été choisi pour illustrer la traduction et la diffusion de la Bible dans les foyers, initiée par Luther. D'ailleurs les adolescents qui ont réalisé un court métrage documentaire (Qui le sait ?)sur le film Luther ont tout de suite demandé en visionnant Le fils du désert « Pourquoi une Bible dans le désert ? ». Et nous rappelons que les Présidents des Etats-Unis font toujours, lors de leur investiture, le serment - la main sur la Bible - de protéger la Constitution.

Les caractéristiques d'un western

Il s'agit d'un mythe fondateur, d 'une fable où les anciens ont un rôle héroïque. Ce thème a été utilisé pour souder les membres de la communauté des Etats-Unis, fortement divisés depuis la guerre de sécession et les différentes immigrations.

L'immigration commence dans ce mythe avec les Pères Pèlerins (Pilgrim Fathers), l'un des premiers groupes de colons britanniques protestants, qui, en 1620, ont traversé l’océan à bord du Mayflower pour fuir les persécutions religieuses en Angleterre sous Jacques 1er Stuart et s’installer sur le territoire des futurs Etats-Unis à la recherche d’une « nouvelle Jérusalem ».

Pour utiliser cette référence, le western, qui est un film de genre, recèle un certain nombre de situations constantes.

Pour les Provençaux, la crèche, les santons et les pastorales font ainsi partie de leur culture traditionnelle. Ce qui permettra un certain parallèle.

Les symboles, dans le film, nous ramenant au message de Luther

Certaines scènes dans le désert évoquent explicitement des scènes du Nouveau Testament.

Dans ces images du désert, les grandes étapes de la vie de Jésus.

Le chapitrage du film

Il y a, dans ce film, deux scènes de nativité. Bob et ses compères sont arrivés Boumians de la crèche provençale - les bandits qui viennent aussi voir Jésus - à la première nativité puis repartis rois-mages vers la seconde. A la fin de sa traversée du désert, Bob accepte tout d'abord, puis même revendique, les responsabilités de parrain, père de substitution, poussé par les aventures vécues avec ses coéquipiers et aussi par le dépouillement progressif consenti pour sauver l'enfant. La première évoque le début du changement de Bob, dans la seconde le changement est terminé. Le film symbolise, par ces deux nativités qui n'en font qu'une, que la naissance de Jésus nous a sauvés et transformés.

Dans le saloon l’inconfort du comptoir est analogue à celui de la crèche : l'enfant est nu dans sa couverture comme Jésus dans la crèche, les mains du barman le découvrent un peu et jouent avec ses doigts. Mais le Boumian a changé de camp. Le Shérif Biquet a chaussé ses bottes. Le Joseph de la crèche est Bob qui n'est pas le père du bébé mais celui qui en prend soin, le parrain. D'ailleurs un buveur dit de lui « le papa du bébé... ». Ce qui précise l'évolution du personnage. Le pianiste pourrait être à la fois le Bouffarèu qui annonce la fête en musique avant l'entrée au saloon, et le Ravi à cause de son sourire.

Les deux scènes de nativité séparent donc trois parties du film. La dernière est consacré au pardon, mais un pardon joyeux, qui marque une vie nouvelle et un avenir plein d'espérance. Le jugement, l'au revoir sur le quai de la gare, pourraient paraître un peu naïf à certains, mais l'humour de John Ford y transparaît.

Nicole Vercueil

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