![]() |
PROtestants et FILmophiles |
PROmouvoir les FILms dont la qualité artistique et humaine aide à la connaissance du monde contemporain
ACCUEIL - QUI SOMMES-NOUS ? - ACTIVITES - PUBLICATIONS - GROUPES - CRITIQUES DE FILMS - RADIO - FESTIVALS
On ne s'attend certes pas à l'approche que ce film propose du quatrième commandement ; mais en notant que Kiesowski le rapprochait du septième, Tu ne voleras pas, lui aussi habité par une ambigüité parentale, on comprend que son intérêt porte moins sur 'honoreras' que sur 'père et mère'.
Et c'est aussi la question de la sincérité, de l'authenticité, de la fidélité à soi-même, et donc du respect humain, qui est mise en valeur. Le contexte dans lequel cette interrogation se déploie justifie la référence au commandement : une jeune femme, Ania, et l'homme qui depuis toujours lui sert de père, Michal, sont attirés l'un par l'autre ; elle, adulte, ne voit pas pourquoi désormais réprimer ce penchant partagé ; lui, par fidélité à son statut d'éducateur, maintient la distance. Le caractère incestueux ou non de leur rapport n'est ici que pour dramatiser le thème, me semble-t-il, qui motive en priorité la réflexion de Kiesowski. Michal tient à préserver son statut de père, parce que c'est lui qui fonde réellement la paternité, plus qu'une archaïque transmission d'ADN.
Les détours par lesquels Ania s'approche du nœud du problème, entre peur et envie, entre réticence et détermination, et ceux par lesquels, sans s'y opposer de front, Michal s'efforce de la décourager, font l'intérêt dramatique du film. Dans ce récit où l'essentiel est caché, et où les avatars d'une vieille enveloppe forment le plus gros de la dramaturgie visible, le jeu des deux acteurs est essentiel et remarquable.
Jacques Vercueil
|
Siège social, 13 rue du Docteur Louis Perrier, 34000 Montpellier Secrétariat national, 25 avenue de Lodève, 34070 Montpellier |