![]() |
PROtestants et FILmophiles |
PROmouvoir les FILms dont la qualité artistique et humaine aide à la connaissance du monde contemporain
ACCUEIL - QUI SOMMES-NOUS ? - ACTIVITES - PUBLICATIONS - GROUPES - CRITIQUES DE FILMS - RADIO - FESTIVALS
Introduction – Biographie des Frères Coen
Joël et Ethan Coen sont nés à Minneapolis, Minnesota en 1954 et 1957, dans une banlieue où il n'y a rien à faire et où les hivers sont terribles. Leurs parents sont enseignants à l'université, le père en économie et la mère en histoire de l'art. Bercés par la télévision, ils se forgent leur culture cinématographique : films et séries télévisés (Tarzan, Jerry Lewis, Tony Curtis, Bob Hope...), et l'inscription à un club de cinéma au lycée où ils découvrent Scorcese, Truffaut avec les 400 coups. Leur inspiration grandit surtout par le biais des acteurs, plus que des cinéastes.
Très tôt ils confectionnent avec une caméra super 8 des petits films avec des copains.
Leurs premiers essais de réalisations, inspirés des séries B, ont déjà l'esprit et le style irrévérencieux fidèles aux pastiches.
Ils expérimentent aussi le montage mais en super 8 les prises de vues se font dans l'ordre strictement chronologique. Joël découvrira plus tard toutes les possibilités du montage et saura en profiter.
Joël étudie le cinéma à New York et Ethan la philosophie à Princeton. Joël devient assistant monteur sur des films d'horreur à petit budget et Ethan fait des petits boulots. Pendant leur temps libre ils écrivent des scenarios pour des producteurs indépendants. Joël rencontre le cinéaste Sam Raimi qui fait des films gore et ils collaborent pour la première fois dans Crimewave /Mort sur le grill en 1986. Ils développent là les signes caractéristiques de leur univers cinématographique, qui deviendront des composantes de l'esthétique coenienne : la parodie et le fantastique.
Mais leur vision de la réalisation ne s'arrête pas à la parodie, ils vont plus loin dans l'exploration et l'expérimentation d'un style qui leur est propre. Et il semble que leur vision soit remise en cause pour chaque nouveau film.
Du côté de la technique, ils s'impliquent dans la démarche artistique à tous les niveaux de la fabrication. Dès le début ils ont décidé que Joël serait à la mise en scène et Ethan à la production et les deux signent les scénarios Leur monteur « Roderick Jaynes », est un pseudonyme des Frères Coen, stratagème qui leur évitait d'apparaître trop souvent dans le générique.
De l'écriture au montage, ils gardent leur liberté. Dans le système américain cette autonomie est rare, le final cut était le problème majeur de l'histoire du cinéma. Orson Welles l'a obtenu seulement pour Citizen Kane et encore aujourd'hui il faut faire des concessions avec les grands studios d'Hollywood. D'habitude, le « final cut » est partagé par le réalisateur, le scénariste, le dialoguiste, le compositeur... et surtout le producteur. Depuis leur début, les Frères Coen conservent le montage définitif et la paternité exclusive de leurs films. Ce sont de véritables auteurs.
Ils forment un des duos de frères que l'on trouve dans la réalisation cinématographique.
Filmographie
Sang pour sang (1984) – Policier, thriller – Pour leur premier long métrage, écrit en 1980 et tourné en 1982, Blood simple, ils cherchent surtout des investisseurs privés parmi leurs connaissances à Minneapolis, proposant un placement basé sur la confiance dans leur capacité à réussir. Coût d'environ 1,5 millions de dollars.
En s'auto-produisant ils gardent un contrôle artistique total sur le film. La difficulté suivante est de trouver un distributeur et c'est finalement Ben Barenholtz, qui a déjà misé sur David Lynch, qui leur répond. Par la suite Hollywood essaiera bien de les récupérer mais les propositions ne les intéressent pas, à ce moment là.
Directeur de la photographie : Barry Sonnenfeld
Résumé : librement inspiré du Facteur sonne toujours deux fois. Le propriétaire d'un bar texan, engage un détective privé pour tuer sa femme et le barman, son amant. Le privé lui montre les photos des cadavres (il les a photographié en train de dormir). Une fois la récompense empochée il tue le propriétaire et laisse le revolver de la femme afin qu'elle soit suspecte. Quand le barman revient il enterre le mari encore moribond et détruit les preuves pour protéger la femme.Le quiproquo s'installe entre les trois protagonistes, trompés par les apparences.
Arizona Junior (1987) – Comédie – Raising Arizona : un jeune couple stérile kidnappe un enfant d'une famille de quintuplés. Ils fuient en braquant des supermarchés.
Budget de 6 millions de dollars grâce à l'accueil très critique de Blood Simple.
Comédie dans un environnement hostile, l'Arizona. Poursuite du rêve américain
Succès critique et commercial
Miller's crossing (1990) – Roman noir et film de gansters : le genre est respecté mais le personnage principal joué par Gabriel Byrne est complexe. Une véritable étude psychologique du gangster louvoyant entre plusieurs bandes et obligé de protéger le frère de sa fiancée qui va provoquer une guerre entre caïds.
On dit qu'ils ont eu une panne d'inspiration en écrivant ce film. C'est ce qu'ils racontent dans le film suivant « Barton Fink »
Pas de succès commercial
Barton Fink (1991) – Comédie dramatique, thriller, Fantastique.
Ils ont changé de directeur de la photographie c'est Roger Deakins.
C'est un tournant dans leur carrière, ils acquièrent une renommée internationale à Cannes (palme d'or, prix de la mise en scène, prix du meilleur acteur pour John Turturro).
Le Grand saut (1994) – Comédie dramatique - The Hudsucker Proxy :problème de succession dans une entreprise New-yorkaises des années 50 après le suicide du PDG, un jeune directeur ignare est nommé pour être manipulé mais il réussit contre toute attente dans les affaires.
Nécessitant un gros budget, est financé par un producteur qui leur donne carte blanche mais impose les acteurs (Paul Newman).
Coécrit avec leur ami le réalisateur Sam Raimi et coproduit avec Joël Silver, producteur alors le plus en vue d'Hollywood. Le film sera un échec commercial et critique. Ce qui confirme l'idée que des contraintes budgétaires auraient pour effet de libérer leur créativité et que le système des studios ne leur correspond pas tout à fait.
Fargo (1996) – Film policier - : Un vendeur de voiture fait enlever sa femme pour soutirer une rançon à son riche beau-père. Marge la femme shérif, enceinte jusqu'au cou, de Fargo va enquêter sur un double meurtre et coincer les méchants.
Tourné dans leur région natale, avec un petit budget (7 millions de dollars)
Oscar du meilleur scénario original
Film basé sur une histoire vraie (canular)
The Big Lebowski (1998) – Comédie – Jeff, le Dude ne s'intéresse qu'au bowling et à la fête. Un jour il se fait tabasser, on le prend pour un autre Lebowski millionnaire qui doit de l'argent. Jeff va vouloir être dédommagé et part à la recherche de son homonyme.
Petit budget (15 millions de dollars)
Succès relatif commercial et critique mais le film connaît un second souffle avec sa sortie en DVD (festivals, produits dérivés) et le film est érigé au rang de film culte
Particularité de ce film est son intrigue, calquée sur celle d'un roman noir qui contraste avec son caractère comique dominée par son humour noir
O' Brother (2000) - Comédie, policier
Retour vers les grands studios avec un gros budget de 26 millions de dollars et la présence Georges Clooney au casting
Le film ayant eu le plus grand succès commercial
The Barber (2001) – Film noir
En noir et blanc
Production britannique, Working Title, avec un budget de 20 millions de dollars
L'accueil critique est bon mais le film ne trouve pas tout de suite son public
Intolérable cruauté (2003) – Comédie – Un avocat spécialiste des divorces fait gagner surtout les hommes. Mais l'ex-femme perdante va se venger et lui déclare la guerre. (Georges Clooney et Catherine Zeta-Jones).
Ladykillers (2004) – Comédie – Une bande d'amateurs se planque dans la cave d'une vieille dame pour préparer un casse et creuser un tunnel, en se faisant passer pour des musiciens qui répètent. Mais la vieille dame les surprend et se joint à eux.
Produit par des grands studios (Universal et Touchstone) avec budget de 60 et 35 millions de dollars
Ces deux films sont des succès commerciaux. Ils ne correspondent pas aux productions intimistes du cinéma d'art et d'essai
Comédie classique hollywoodienne
No country for old men (2007) – Drame, thriller (western?)
Adapté du roman de Cormac McCarthy
Budget : 25 millions de dollars en a rapporté 159 millions
Oscar du meilleur film, des meilleurs réalisateurs et du meilleur scénario adapté et du meilleur acteur dans un second rôle (Javier Bardem)
Burn after reading (2008) – Comédie – Un analyste de la CIA qui vient d'être licencié et des informations qu'il gardait sur un CD tombent aux mains d'un couple qui compte bien en tirer quelque chose.
Casting de stars avec Georges Clooney, Brad Pitt et John Malkovitch
Budget moyen
Deuxième film en termes de rentabilité
Produit par les frères Coen avec les britanniques de Working Title
A serious man (2009) - Comédie dramatique
Retour vers un cinéma personnel réalisé avec peu de moyens (7 millions de dollars) et des acteurs peu connus
Grande part d'autobiographie (culture juive). C'est la première fois que les frères Coen revendiquent leur statut de cinéastes juifs
True Grit (2010) – Western
Le plus grand succès commercial en date. Un budget six fois supérieur à celui de A serious man, équivalent à celui de Burn after reading. Producteur de No country for old men, très puissant de la Paramount, et présence exécutive de Steven Spielberg sur le plateau. Dix nominations aux Oscars.
Inside Llewyn Davis (2013) – Film musical – Grand prix du jury à Cannes.
Hail Caesar (en cours de montage) – Le pitch : Dans un studio d'Hollywood des années 50, plusieurs films sont en cours de réalisation. Avec Clooney et Scarlett Johansson.
Ateliers - Hélène et Jacques Lassale, Simone Clergue
Visionnement du film (avant le repas) : sans commentaires
Présentation rapide de la structure du film - Hélène et Jacques Lassale :
La structure dramatique du scénario de The Barber est classique et repose sur celle du théâtre de la Grèce antique constitué de 3 actes d’égale longueur (ici 38 minutes):
Acte 1 : présentation des personnages principaux (11 minutes) et mort de CRANE tué par ED.
Acte 2 : DORIS, la femme de ED est accusée du meurtre, elle se suicide au moment du procès qui, en conséquence, n’a pas lieu; à 53 minutes se situe le sommet du film : une image montre ED « absent » du monde qui l’entoure « l’homme qui n’était pas là » (le titre du film est justifié).
Acte 3 : ED est accusé et condamné pour un autre meurtre qu’il n’a pas commis. Sa condamnation intervient à la 96ème minute.
On notera qu’il s’agit d’un récit voire d’une confession qui va durer tout le long du film. ED Crane est le narrateur : on apprend à la fin du film seulement qu’il est payé 5 centimes le mot par un magazine. ED attend son exécution prochaine dans le couloir de la mort et il imagine pour l’écrire son exécution. On a donc un flash-back jusqu’à 11 minutes avant la fin et un post-back pour imaginer sa fin.
Analyse détaillée :
Une répartition des participants est faite en 3 groupes. Chaque groupe doit faire une analyse séquentielle d’un des 3 actes selon le tableau ci-dessous donné en exemple détaillant 3 séquences de l’acte 2 :
| Temps | Description séquence | Les images remarquables | La lumière | Le son | La musique | Sens donné |
| 38 sec | La vitre se brise au moment où ED enfonce le coupe cigare dans la gorge de DAVE. Dave agonise. | Visage de ED ; ses mains | Jeu de lumière sur le visage et les mains dans un ensemble très sombre | Des respirations et le râle de DAVE | Pas de musique. Une sonate de Beethoven démarre au moment du regard sur les mains | Le visage de ED dit à la fois l’horreur et l’étonnement : ce sont ses mains qui ont tué et pas lui |
| 40 sec | Retour de Ed à la maiso. Reprise de sa méditaion sur sa rencontre avecDORIS comme si la séqnence précédente n’avait pas existée. | ED reprend la même place au pied du lit de sa femme qui dort toujours. | Pénombre de la chambre | Voix off de ED | Même sonate | La musique fait le lien entre les deux séquences |
| 41 sec | Dans le salon de coiffure arrivée des inspecteurs qui parlent à ED dehors | Ecran noir rapide. ED, en blouse blanche, assis dans le salon contre le mur carrelé blanc.
| Quand il est dehors, un jeu de lumière éclaire ED par la gauche et les policiers par la droite. | Le bruit d’un rasoir précède le passage à l’écran noir. Dialogue de Franck avec un client. Bruit de voitures. | Pas de musique | ED parait noyé dans le mur du salon et sur-ajouté dans le décor de la rue, comme s’il n’était pas là |
A l’issue de ces carrefours, chaque groupe a rapporté à l’ensemble 2 ou 3 séquences remarquables de l’acte étudié et a partagé le travail effectué.
Importance de la musique.
« La musique commence là où le pouvoir des mots s’arrête ».
La bande originale est composée par Carter Burwell qui a travaillé tous les films précédents des frères Cohen, excepté O’Brothers.
Tout au long du film de nombreux extraits de sonates de Beethoven sont entendus : la pathétique, l’appasionata, la clair de lune, la 25. Sont entendues aussi l’andante cantabile du Trio à l’archiduc de Beethoven et un extrait des Noces de Figaro de Mozart.
Pourquoi tant de musique classique ?
L’extrait des Noces de Figaro sont entendues dans le salon au début du film pendant la présentation des personnages : Figaro est coiffeur….
Pourquoi Beethoven pour la suite du film ?
Beethoven concevait ses sonates comme des drames de la conscience humaine selon un schéma philosophique très précis :
Expressions de pensées
Epreuve entrainée par ces pensées,
Retour sur les pensées acceptées,
Conclusion.
Pour ED CRANE :
Penser sa vie de coiffeur,
Ne plus la supporter,
Agir pour en sortir,
Assumer les conséquences de ses actes.
La vie de ED ressemble à une sonate de Beethoven.
Voilà le secret profondément enfoui dans The Barber. Il y a longtemps que la musique classique n’avait pas été aussi magnifiquement utilisée dans la cinéma.
Début du film : Simone Clergue
| Temps | Description séquence | Images remarquables | La lumière | Les sons | La musique | Sens apporté par chaque élément |
| 0-1:44 | Générique - Enseigne de barbier en gros plan | Vis sans fin ascendante | Noir et gris et blanc | Bruits de la rue | Beethoven | Spirale qui va entraîner le héros |
| 1:44-1:51
| Caméra se déplace vers le bas, on voit un passant arriver, ouvre la porte, accroche son chapeau et s'avance dans le salon | Gros plan sur le client qui disparaît du champ | + clair lorsque porte ouverte
| Voix off qui raconte + pas + sonnette | Beethoven | |
| 1:51-2:31 | Caméra se déplace lentement vers Frank qui parle tout en coiffant un garçon | Travelling jusqu'à la bouche de Frank en gros plan ; puis vers cheveux par terre gros plan | lumière vient de l'extérieur, tamisée par les stores | Voix off+Frank+ ciseaux | Beethoven | Réflexion + loin de Ed sur le devenir des cheveux |
|
| Caméra se déplace vers le miroir derrière Frank où trône une photo de Auguste Guzzi le père | Ed | « | |||
| 2:41
| Ralenti sur le mouvement de la brosse de Frank sur la nuque du garçon, | Travail soigné | ||||
| 2:50
| Camera sur Ed, cigarette, client | « moi je parle pas, je coupe », cigarette, alliance, regard vague | Frank secoue le peignoir | Taiseux qui va parler tout le long du film |
- Denis Rafinesque
Message week-end PROFIL 30-31 mai 2015 : Actes des Apôtres 2: 1-13
Suite à la récente célébration de Pentecôte, nous voilà questionnés sur le renouvèlement du témoignage à rendre au Dieu de Jésus-Christ, questionnés sur la relance éventuelle de notre mission alors même que nous sommes dans une période de plus en plus difficile et problématique pour le témoignage chrétien.
Nous avons besoin que le souffle divin vienne encore aujourd'hui nous relancer, comme autrefois il le fit pour les premiers apôtres. Un amour communicatif et surprenant peut-il nous embraser à nouveau à propos du salut offert par Dieu à l'humanité, en son Fils Jésus. C'est probablement le genre de question soulevée par le récit de la 1ère Pentecôte.
Ce jour-là, les apôtres sont transformés dans leur langage, dans leur façon de communiquer, et d'entrer en relation avec d'autres personnes croyantes en leurs oeuvres devant Dieu. N'oublions pas que cette fête juive célèbre le don de la Loi par Dieu à Moïse sur le Sinaï. Des langues de feu saisissent les apôtres et leur inspire des langues étrangères, celles des pays d'origine de tous les juifs pieux en pélerinage à Jérusalem, centre de leur vie religieuse. Ils vont découvrir un Dieu lié autant sinon plus à leur culture et identité particulière, qu'à leur centre religieux juif : Jérusalem. N'est-ce pas ce que Jésus avait laissé entendre dans sa rencontre avec la Samaritaine : "le moment vient et il est déjà venu où ce n'est ni à Jérusalem, ni sur le Garizim que vous adorerez Dieu, mais en Esprit et en vérité". Ce qui se produit à Pentecôte est le signe de l'évangélisation de la diaspora juive, et celle des divers peuples de la terre, dans leur diversité, leurs particularismes et leur expérience personnelle d'initiation à la vie en société.
Pentecôte vient relancer le projet de Dieu annoncé dans le récit de la tour de Babel, quand il met fin à la tentative des hommes de construire une tour signe de leur désir unitaire de divinisation, par un système d'unification de leur langage et de leurs idées. “Allons ! Au travail pour bâtir une ville avec une tour dont le sommet touche au ciel! Ainsi nous deviendrons célèbres... Les voilà (dit Dieu) , qu'ils forment un peuple unique et parlent la même langue”. Vues leurs intentions de divinisation, Dieu les dispersa sur la surface de la terre et ils parlaient des langues différentes ...
Finie l'illusion de croire dans une maîtrise toute-puissante , idéologique ou technicienne de l'humanité. Finie cette volonte titanesque de s'affirmer comme des dieux par installation d'un pouvoir totalitaire, exclusif de toute autre perspective que celle inventée et imposée par leur système d'expression idéologique.
A Pentecôte par le biais de ces langages différents, Dieu rejoint l'homme ailleurs que dans sa tentative de divinisation par un système religieux unificateur, à base sacrée comme celle du centre géographique et religieux de Jérusalem. Dieu s'adresse à chacun dans sa langue originale, ethnique, spécifique, loin de toutes les uniformisations artificielles de la communication mondialiste. A Pentecôte, Dieu poursuit son intention manifestée suite au projet de tour de Babel. L'humanité se voit libérée de ses monologues écrasant les plus faibles au profit de la vision des puissants. Voilà l'humanité libérée de ses rêves d'unification contraignante, au profit d'une vision humaine faite d'humilité, de respect des faibles. C'est aussi un des buts de la dispersion provoquée par Dieu lors de Babel : pas seulement une sanction, mais une protection des plus faibles contre une fusion mortifère à terme. Déjà dans Genèse 1, la pensée divine est que l'homme se multiplie, se répande et domine la terre.
Dieu vient rejoindre ses créatures dans sa propre altérité humaine manifestée en Jésus-Christ : humanité enracinée en son éternel amour et en Christ transformatrice de notre volonté de nous faire semblables à des dieux. Fini un vivre ensemble par imposition d'une pensée unique, celle du pouvoir par l'avoir, via les diktats technicistes qui nous aveuglent sur notre valeur réelle et sur le sens de nos vies si souvent blessées. En Jésus, Dieu vient atteindre les hommes à l'encontre de leur volonté de sacralisation religieuse d'alors ou matérialiste d'aujourd'hui. Certes Dieu n'a rien contre le développement de l'intelligence et des techniques. Ce qui est en cause c'est leur utilisation déshumanisante. Aussi en Jésus-Christ , Dieu nous amène sur des chemins apparentés à la reconnaissance de nous-mêmes et des autres par son amour transfigurant en Christ. La Parole vient nous atteindre ailleurs que là où nous l'écoutions, victimes que nous sommes du désir d'accomplissement de soi à tout prix. Mais Dieu veut nous retrouver loin de nos volontés de dépassement affolant de nous-mêmes et de notre valorisation mondialisée si problèmatique. A nous d'en découvrir la ligne de vie nouvelle interne et externe.
Dans ce conterxte où aujourd'hui encore la diversité culturelle est menacée, dans un monde où certains tentent d'imposer le régime de leur pensée unique religieuse ou non, il est plus que bienvenu de penser que Dieu veut nous rejoindre dans un ailleurs qui restructure le paysage individuel, multiple et fraternel.
O BROTHER A
J‘ai été fasciné par cette étrange machine qui se déplace le long des rails de chemin de fer dont j’ai appris son nom la DRAISINE. Du point de vue cinétique cette machine qui fait corps avec des rails le long d’une ligne fixe m’est apparue en croisement avec la frénésie des déplacements de nos 3 lascars. Et on la retrouvera à la fin poursuivant sa course immuable.
L’homme qui pompe sans relache cette machine est aveugle il représente évidemment le Destin. C’est normal puisque le projet du film est une évocation libre et moderne de l’Odyssée. C’est donc à la philo gréco-latine qu’il faut penser..
Or, selon moi, la manière dont les Coen s’emparent de ce sujet est entre autres sujets, une représentation ironique et distante de ce que l’on peut appeler : le RELIGIEUX. C’est à dire ce que sont les croyances, les rituels, les mythes, ce qui touche au domaine du mystère et concerne les manifestations collectives.
Je note le baptème par immersion et puis le Ku Klux Klan mais aussi l’épisode du marchand de Bibles ravageur, mais encore les fièvres électoralistes et aussi l’érotisme, le zoomorphisme (le crapaud !) très prisé des grecs et finalement le DELUGE avec un débat entre scientisme et écologie …..
Et aprés tout cela Ulysse retrouvera sa femme et ses filles non sans avoir croisé la Draisine dans sa course immuable.
O BROTHER version B
Cette draisine continuant à me poursuivre, il se trouve qu’en travaillant mon Nouveau Testament je suis tombé sur la traduction d’un mot difficile dont le sens en français ma rappelé cette machine. Il s’agit d’un mot utilisé par l’apôtre Paul dans plusieurs de ses épitres. Je rappelle que ce juif écrivait en grec et en bon éxégète il me suffisait donc d’aller consulter mon dictionnaire Bailly.
Je vais donc vous lire ce passage où l’apôtre veut expliquer à ses paroissiens de l’Eglise de Colosses ce que devrait être par rapport à la façon de vivre des gens en général ce qu’il appellle «selon le monde » vivre selon le Christ, c’est à dire en chrétien.
Colossiens 2/8 Que personne de vous ne fasse…….
Mais que sont ces éléments (ou rudiments) ? Le mot grec est stoicheia. Ce mot désigne ce qui représente des lignes bien tracées, des alignements : par exemple des rangées d’oliviers dans un champ ou des défilés bien en ordre. Alors pourquoi pas des rails ? C’est à dire ces lignes fixes qui ne sortent pas de leur fonction, bien tracées,, qui ne font pas de fantaisie ? Autrement dit la soumission aux traditions, à ce qui se fait, à ce qui se dit. La non-liberté en somme
Or nos 3 lascars (et derrière eux les 2 frangins) vont traverser toutes ces représentations du religieux en s’en amusant joyeusement pour finalement retrouver la Draisine à sa place dans les rails du Destin.
Et Ulysse récupère gentiment sa femme et ses filles !
C’est ainsi que je relis l’épître aux Colossiens :
Ne vous laissez pas avoir par les rails tout tracés de ce monde et de ses traditions mais vivez en toute liberté d’esprit et d’invention en usant du religieux avec l’ironie et la distance qu’il convient.
Et bien c’est dans cette liberté d’esprit que je lis la suite de cette lettre où Paul nous parle de la Croix du Christ en insistant sur le fait que nous ne devons pas penser à cet évènement dans la tristesse car il est au contraire le moment où le Christ a livré le combat suprême contre la mort et en est sorti vainqueur.
Coloss 2/15 Il a dépouillé les autorités ……
C’est ça vivre selon le Christ, alors comme disait Jean Calvin faisons la nique au Diable et vivons le religieux sans contrainte mais avec humour et liberté
- Chantal et Claude Bonnet
Animation A serious man (2009 - Joël et Ethan COEN)
Sept ans après FARGO et ses grands espaces glacés, les Frères Coen reviennent dans le Minnesota, leur région et leur communauté d'origine, pour leur 14ème long métrage.
Ce film très personnel, qui débute par un prologue de 8' créé de toutes pièces pour l'occasion, raconte en yiddish, dans des tons bruns, la rencontre d'un couple de paysans, Velvel et Dora, et d'un rabbin Traitel Groshkover « mort vivant » dans un pays d'Europe Centrale à la fin du 19ème siècle.
Le film proprement dit nous fait pénétrer au printemps 1967 dans une famille juive dont le père Larry, Professeur de physique quantique à l'Université, dont un cours porte sur le principe du chat « mort vivant » de Schrödinger, voit sa vie chamboulée par une accumulation « d'ennuis » :
sa femme Judith veut divorcer pour épouser un de ses collègues Sy Abelman (un homme sérieux !)
ses enfants Danny (fan des Jefferson Airplane) et Sarah se disputent sans arrêt
son frère aîné Arthur vit toujours chez lui
son voisin goy grignote son terrain
son étudiant coréen Clive tente de le soudoyer pour améliorer sa note
et, à près de 45 ans, il attend toujours sa titularisation
Enfin, dans 15 jours, il y a la Bar Mitzva de Danny !!!
Qu'a t-il fait pour mériter ça ?
Pourquoi toutes ces déconvenues ?
Comment faut-il les interpréter ?
Son esprit rationnel et cartésien, son avocat, ses amis, les rabbins enfin vont se montrer incapables de répondre à ses questions.
Après avoir échangé sur les thèmes du film : le sens de la vie, la religion, la filiation l'incommunicabilité, nous avons évoqué ses temps forts :
l'Epigraphe « Accepte avec simplicité tout ce qui t'arrive »
le Prologue : pourquoi ? Quelle est sa signification ? Quel rapport avec le film ? Aucune d'après les Frères Coen. Mais faut-il les croire ?
les visites vaines de Larry chez les rabbins
au milieu du film, l'accident de Sy Abelman, en montage alterné
Après avoir souligné les caractéristiques des principaux personnages et le traitement de la « filiation », nous avons évoqué :
la Photographie Kodachrome et ses nuances variées en fonction des séquences : le Prologue, la visite de Larry chez Mme Samsky, la Bar Mitzva
la Musique et les Sons :
. Les chansons du groupe Jefferson Airplane dont le tube « Somebody to love » omniprésent aux génériques du début et de fin
. le Lied « Dem Milners Trem » si mélancolique et apaisant pour Larry
. les coups de tonnerre sur les « cartouches » qui annoncent les séquences des rabbins
le traitement à l'image des supports de la musique : le walkman de Danny, l'électrophone de Larry et celui de Mme Samsky
Pour terminer nous avons projeté 3 extraits intéressants d'un point de vue technique :
la visite de Larry chez la troublante Mme Samsky (à 1h09'05'') qui est à la fois une parenthèse dans son existence agitée et un tournant sur sa perception de la Vie (effet marijuana?)
la longue séquence de la Bar Mitzva de Danny puis sa visite au rabbin Marshak (à 1h24'49'') qui est le grand moment du film :
. la Cérémonie proprement dite filmée à travers ses yeux vitreux (toujours la marijuana!)
. la descente dans « l'antre » du vieux rabbin où Danny un peu dégrisé peut enfin sourire en l'entendant marmonner les premières paroles de la chanson des Jefferson Airplane. Il récupère ensuite, oh ! Surprise, son walkman et le billet de 20 $ confisqués au début du film, et reçoit en guise de bénédiction cet ultime Message de Vie : « Sois un bon garçon !»
la fin du film (à 1h32'44''). La boucle est bouclée. Cette séquence renvoie à celle du début en montage alterné. Danny est à l'école hébraïque, toujours aussi attentif... à
la musique des Jefferson Airplane. Larry, dans son bureau à l'Université, « améliore » la note de Clive.
Mais, le ciel se couvre, une tornade arrive sur l'école alors que les élèves sont bloqués dans la cour.
Le téléphone sonne sur le bureau de Larry. Le Dr Shapiro veut le voir tout de suite...
Sont-ils comme le chat dans la boîte de Schrödinger du cours de Larry ?
Ou comme le Dibbouk dans le Prologue ?
Conclusion du contenu du week-end Arielle
Conclusion sur la logistique (hébergement, organisation....)
|
Siège social, 13 rue du Docteur Louis Perrier, 34000 Montpellier Secrétariat national, 25 avenue de Lodève, 34070 Montpellier |