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Les films :
Nota : Les dates mentionnées sont celles de la sortie en France.

© mihaperosa
Les origines du son au cinéma se confondent avec les inventions de l’enregistrement sonore qui se sont succédé à partir de 1870 : celle du phonographe par Charles Cros, du phonograph avec enregistrements sur cylindre par Edison, et du Gramophone par Berliner et les premiers enregistrements sur disques.
En 1898, les frères Lumière mettent au point le Cinématographe permettant la projection d’images animées à partir d’images successives enregistrées sur une pellicule photosensible de 35 mm de largeur.
En 1900, Léon Gaumont diffuse le Portait parlant en synchronisant la projection d’un film 35mm avec un disque. La reproduction sonore de grande puissance se fait au moyen d’un système à air comprimé. L’ensemble porte le nom de Chronophone.
En 1926, les producteurs américains finissent par s’engager dans la voix du cinéma sonore. Les frères Warner exploitent le procédé Vitaphone et en août 1926, ils présentent le premier grand film parlant et chantant : Jazz Singer (le Chanteur de jazz) où le son était enregistré sur un disque.
Pour des raisons techniques et surtout commerciales, les compagnies américaines abandonnent l’enregistrement sonore sur disque et finissent par normaliser, en 1930, le film sonore avec un son enregistré photographiquement, directement sur le film. Le film 35 mm avec piste étroite devient le standard mondial… et le reste encore à ce jour.
Les films ne comportent qu’une seule piste ; ils sont diffusés dans la salle au moyen d’un seul haut-parleur implanté derrière l’écran de projection. Cette situation reste principalement exploitée jusqu’en 1977 avec des améliorations technologiques procurant une meilleure qualité sonore…. Jusqu’à l’avènement du Dolby Stereo.
Dès le début du cinéma sonore, différentes tentatives virent le jour pour spatialiser la diffusion sonore dans les grandes salles, avec plusieurs enceintes. En 1932, Abel Gance met au point un tel système combinant orchestre dans la salle et son enregistré sur le film, pour la version sonore de son Napoléon, mais sans suite.
En 1940, Walt Disneymet au point, pour son film Fantasia, un procédé multicanal, le Fantasound, avec une diffusion sur trois canaux implantés derrière l’écran. Le procédé rencontre un grand succès auprès du public, mais reste sans suite en raison de sa complexité.
En 1952, la Fox présente le CinémaScope, avec projection d’images panoramiques et son spatialisé sur trois canaux d’écran et un canal d’ambiance. Le son est enregistré sur des pistes magnétiques déposées sur le film. Le procédé apporte une réelle amélioration de la qualité de la reproduction sonore par rapport au son photographique.
En 1954, pour agrandir les dimensions des images projetées et profiter des avantages du son magnétique, on exploite des copies en 70mm avec 6 canaux de diffusion, cinq derrière l’écran et un canal d’ambiance. L’amélioration de la qualité audio est très audible.
En 1977, Ray Dolby, associe les réducteurs de bruit de fond à un système de spatialisation quadriphonique, pour proposer une reproduction sur quatre canaux à partir de copies 35mm à piste photographique. Il utilise la même disposition des haut-parleurs qu’en CinémaScope : c’est le Dolby Stereo. Ce procédé, plus simple à mettre en œuvre pour la fabrication des copies et beaucoup plus économique que les copies à pistes magnétiques, s’impose rapidement dans le monde entier. Il est ensuite amélioré dans le courant des années 1980 et sa qualité devient proche du son numérique sur CD audio, référence à l’époque.

© Semaine du Son
En 1989-1990, KODAK-ORC présente le système CDS, avec enregistrement audio-numérique sur une piste photographique, impressionnée sur la copie du film. La restitution est prévue sur cinq canaux, trois d’écran, deux canaux d’ambiance et un canal pour le renfort des fréquences basses (reproduction dite en 5.1). Le procédé ne sera jamais exploité commercialement, Kodak laissera le champ libre à Dolby et à DTS, déjà fortement engagés dans l’enregistrement numérique sur film.
A cette époque, se précise l’organisation de la diffusion sonore en salle avec 3 à 5 canaux d’écran, 2 canaux d’ambiance et un canal de renfort des fréquences basses. La disposition des enceintes reste celle héritée du CinémaScope avec 3 à 5 enceintes implantées derrière l’écran, une série d’enceintes disposées sur les murs latéraux de la salle et une enceinte pour la reproduction des fréquences basses. Ces dispositions sont désignées "5.1" ou "7.1", le premier chiffre correspond au nombre de canaux large bande (20Hz à 20kHz) et le second à celui des canaux à bande passante réduite 20 Hz à 200Hz environ pour la reproduction des fréquences basses.
Parmi les nombreux procédés numériques sur film 35 mm proposés, seuls trois ont été réellement exploités :
Le procédé DOLBY SR-D Le son numérique est enregistré photographiquement sur les copies de film, séquentiellement, sous forme de pavés, entre les perforations d’entraînement du film. La diffusion se fait en 5.1
Le procédé DTS: Le son numérique est enregistré sur un disque numérique (comparable à un CD Audio). La synchronisation du disque se fait à partir d’un code temporel enregistré sur la copie. La diffusion se fait en 5.1
Le procédé SDDS (Sony) Le son numérique est enregistré photographiquement sur la copie mais en continu, sur deux traces situées de chaque coté, entre les perforations et le bord du film. La diffusion se fait en 7.1
Quel que soit le procédé numérique, les copies d’exploitation conservent la piste analogique pour maintenir l’universalité de diffusion des films. Théoriquement, les trois procédés numériques, bien qu’incompatibles entre eux à la reproduction, ainsi que la piste analogique, peuvent cohabiter sur une même copie 35mm.
© voro
La copie film est remplacée par des informations stockées sous forme numérique sur un serveur informatique. Le cinéma numérique se généralise rapidement à partir des années 2000. Le bouleversement est total pour l’industrie cinématographique. Pour le son, il y a une compatibilité totale avec les équipements en place aux formats 5.1 ou 7.1 et il est possible de disposer jusqu’à 16 pistes audio.
Jusqu’en 2012, la spatialisation dans les salles se fait uniquement dans le plan horizontal. Avec les projections en 3D (en relief), le son également en 3D commence à gagner les films à gros budget. Dolby met au point son procédé Dolby Atmos (pour « atmosphérique »). Les nombreuses pistes disponibles permettent de multiplier les canaux de diffusion pour spatialiser le son dans le plan vertical : des enceintes acoustiques sont implantées en nombre au plafond. Il est ainsi possible de disposer jusqu’à 64 canaux de diffusion dans la salle.
Ce procédé ne s’applique qu’aux salles spécialement équipées (à ce jour, une dizaine en France) ; les films comportent également les mixages en 5.1 et 7.1 pour les salles non équipées. Il se généralise très progressivement et gagne même le grand public, avec des installations de home cinema en Dolby Atmos.
On ne reviendra plus à la pellicule traditionnelle, qui n’est d’ailleurs pratiquement plus fabriquée. Et les possibilités des systèmes numériques sont telles que de nouveaux modes de diffusion verront le jour, pour le plus grand bonheur des « audiocinéphiles » !
Michel Baptiste
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