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Interview avec Baya Kasmi


Maxime Pouyanne 

Bonjour Baya Kasmi. Tu es réalisatrice et scénariste, notamment de "Youssef Salem a du succès", une comédie sur l'histoire d'un écrivain (Ramzy Bedia) vite dépassé par le succès et qui se doit de cacher l'ouvrage à sa famille, et surtout son père... Tu as aussi été césarisée pour le scénario du film "Le nom des gens" de Michel Leclerc. 

Nous allons revenir sur ton parcours et sur ta manière de travailler sur tes films.

Dans un premier temps comment te vient l'idée d'un scénario ? 

Baya Kasmi 

Je crois que quand on a envie d'écrire, on est motivé par l'envie de faire exister des choses qu'on a vécu, de rendre compte de personnages, de sentiments aussi, tous ces trucs qui nous échappent mais qu'on a envie de garder. Et du coup au début, on cherche et on sait pas trop comment en rendre compte et c'est très fragile et c est peut-être assez naturellement que moi j'ai démarré avec un travail autour de l'autobiographie. C'est-à-dire de fictionaliser mais en partant de choses qui m'avaient tenu à cœur parce que peut-être que c'était une façon pour moi plus facile n'ayant pas eu de formation d'écriture. Après à partir de là, j'utilisais aussi des choses que j'avais vécues pour créer de la comédie, pour créer l'émotion et un travail de fiction se mettait ensuite en place. On créé quand même des personnages même si on s'inspire de gens et situations qu'on a connues. Puisque la vie de toute façon est toujours plus délirante que la fiction. 

Maxime Pouyanne 

OK merci. Et comment travailles-tu avec tes comédiens. Est-ce que tu fais beaucoup de répétitions ? 

Baya Kasmi 

J'ai des acteurs qui sont rapides, avec qui je travaille en collaboration étroite donc et qui écoutent ce que je leur dis, et du coup j'ai pas de difficulté à travailler avec eux sur un plateau. Ça évolue tout de suite très vite. Et on discute beaucoup avant. Mais j'aimerais beaucoup faire des répétitions tout simplement pour qu'ils puissent mettre d'eux mêmes. Donc là pour l'instant ça reste très classique. On fait des lectures par petits groupes du film (couple, famille...) et évidemment une lecture avec tout le monde. Ca permet d entendre tous les comédiens et aussi tous ensemble de trouver des idées quand c'est pas assez précis, de travailler des improvisations, pour pouvoir les réintroduire à l'écrit dans le scénario, que ce ne soit pas trop en lâcher prise sur le dernier moment. Mais il y a quand même un présent du film qui est le tournage. Et c'est génial d'avoir ce présent du film où on met en scène tout ca ! 

Maxime Pouyanne

Quelles sont tes inspirations et tes réalisateurs préférés ? 

Baya Kasmi 

J'ai une passion pour Sidney Lumet et pour Stephen Frears. Étrangement, je me suis rendu compte avec le temps que ces 2 réalisateurs n'écrivaient pas leur scénario. Mais ça me fascine car à travers leur point de vue de réalisation quelque chose s'impose et ça me motive à me dire que ce n'est pas seulement dans l'écriture que ça se passe. On peut complètement raconter autre chose avec la mise en scène et ça permet aussi de se trahir et d'éventuellement s'autoriser à réaliser des choses que l'on n'a pas écrit. J'aime aussi évidemment Scorsese et Hitchcock et Thomas Vinterberg également, le réalisateur de Festen et de Drunk. 

Maxime Pouyanne

Drunk est en effet un très grand film. 

Tu es actuellement en tournée des avant-premières et des festivals pour présenter "Mikado" ton prochain film. Qu'est-ce que tu attends des retours du public quand tu présentes un film ? 

Baya Kasmi Quand on fait un film, on fait des essais en fait en permanence. On a des intuitions qui nous tiennent, du début de la création jusqu'à la fin du tournage puis jusqu'au montage. On a essayé de clarifier pendant toute l'écriture, ce qu'on voulait raconter. Pendant un tournage, on essaie de redonner du mystère aussi à tout ça et de se laisser aller des essais. En fait c'est vrai que faire un film c'est la multiplication de choix : on fait des choix à chaque instant, pour chaque chose qu'on décide, couper une scène ou la remettre... On ne peut se fier qu'à son instinct et on ne sait pas exactement ce que ça va faire aux gens. C'est ça qui est bien aussi parce que du coup c'est mystérieux. Evidemment quand on montre tout d'un coup, il y a un truc qui se passe et c'est eux qui nous renvoient ce qu'on a fait. Et parfois on est surprise d'ailleurs et on commence à avoir du recul. Mais, c est aussi voir les émotions qu'on a transmis, c'est quand même pour ça qu'on fait ce métier. 

Maxime Pouyanne

Comment est venue l'idée de "Mikado" ? 

Baya Kasmi 

C'est un film sur 2 familles qui se rencontrent et sur ce que ca apporte. Mais c'est avant tout un désir de film sur l'enfance, de comment on fait pour combattre sa propre enfance et comment on fait pour trouver sa place. Et également vu que je suis allée à l'école tard, je sentais à quel point j'avais envie d'appartenir au groupe. Et donc ce sentiment est vraiment au cœur du recit. Puis, la 2e chose c'est vraiment l'envie aussi de témoigner de l'injustice de grandir sans le regard aimant de ses parents. J'ai eu l'occasion dans ma vie de rencontrer beaucoup de proches au parcours avec l'aide social à l'enfance et qui n'ont pas été élevés, reconnus et aimés par leurs parents. J'avais envie de faire sentir dans le film la vitalité de l'énergie pour faire taire la colère de l'injustice qu'ils ont vécu. C'est un film sur ce que c'est de vivre quand on n'est pas regardé par les autres, que ce soit ses parents et comment en fait on existe aussi par l'altérité et le regard des autres. 

Maxime Pouyanne

Tu peux nous parler du "Parfum du bonheur" une adaptation prochainement sur France Télévisions du livre de Virginie Grimaldi. 

Baya Kasmi 

Ca reste une comedie et l'histoire d'une famille dysfonctionnelle mais très attachante. 

La serie montre un couple qui vient se séparer et ensuite une héroïne qui a absolument envie de reconquérir son ex, mais qui est dans le déni total. J'ai accepté de le faire parce que je me sens très en adéquation et en phase avec cette histoire. C'est un film sur le deuil périnatal, un vrai sujet mais c'est toujours sensible et léger en fait et ça c'est l'écriture de Virginie Grimaldi, qui fait dlle aussi de lq comédie avec des histoires pas toujours simples...

C'est une joie et une libération pour moi de mettre en scène, un texte non écrit par moi mais une adaptation de Virginie et un scénario de Samantha Mazeras. Elle m'ont outes les 2 laisser avoir mon interprétation de tout ça et en même temps j'ai vachement respecté ce qu'elles ont fait et c'était une belle collaboration. 

Et sinon, j ai un projet d'adaptation de Nicolas Mathieu qui s'appelle "Rose royale", un film noir avec encore Ramzy Bedia. 

Maxime Pouyanne

Merci Baya de nous avoir fait decouvrir ta maniere de travailler sur tes films. "Mikado" sort en salles le 9 avril. A bientôt. 

Baya Kasmi 

Merci à toi, Maxime. 

Maxime Pouyanne

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