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Cinéma

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Wallay

(Burkina Faso, 2017, 1h24)

Réalisation : Berni Goldblat - Scénario : David Bouchet - Montage : Laurent Sénéchal - Musique :Vincent Ségal - Distribution France : Rezo films
Interprétation : Makan Nathan,Diarra (Ady), Ibrahim Koma (Jean), Hamadoun Kassogué (l’oncle), Joséphine Kaboré (la grand-mère).
Auteur :

Berni Goldblat est né en 1970 en Suède de parents suisse et polonais. Il découvre l’Afrique à 20 ans et s’y installe jusqu’à obtenir la nationalité burkinabé. Il réalise une vingtaine de courts métrages au Burkina Faso en tant que réalisateur, scénariste et producteur. Wallay a été présenté à Berlin, Milan, Cannes et Ouagadougou.

 

Résumé :

Le père d’Ady, jeune adolescent métis au bord de la délinquance, décide le l’envoyer en Afrique afin de faire connaissance avec sa famille africaine et de retrouver les valeurs de ses ancêtres. Le jeune homme ne l’entend pas de cette oreille.

Analyse :



Ce film pose la question des différences d’éducation d’un jeune adolescent en France et en Afrique. En France, on devient « le fils d’une époque » et non « le fils de son père » comme en Afrique, remarque l’oncle africain d’Ady. Face à son enfant buté, accroché à ses écouteurs – de la génération Y-, son père l’a envoyé en vacances dans sa famille africaine, en espérant que la sévérité et la rectitude de son oncle auront raison de son insolence et que l’amour de sa grand’mère comblera, on le devine un manque d’amour maternel. Wallay n’est pas seulement un film sur la rencontre et l’affrontement entre l’Afrique et la France mais aussi sur la notion de vérité quand chacun a la sienne. En effet, l’intrigue est bâtie sur un double mensonge : celui d’Ady qui a détourné de l’argent que son père envoyait au village et celui de son oncle qui cache qu’il veut lui faire subir les rites de l’initiation qui fait traditionnellement d’un adolescent un homme. Grâce aux acteurs parfaits de crédibilité, en particulier Ady, on ne tombe jamais dans la mièvrerie ni la sensiblerie. D’ailleurs le réalisateur a pris la peine de montrer dès les premières images que le « sauvetage » sera un succès. An delà du chemin initiatique d’un adolescent qui trouve de vraies valeurs, le coté documentaire sur le Burkina Faso est parfait : la vie, la chaleur humaine, les conditions matérielles et les relations au sein du groupe sont décrites avec beaucoup d’empathie. Cela ajoute de la profondeur à ce film qui traite d’un sujet sérieux de notre société.

Jean Wilkowski