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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Une famille syrienne

(Belgique/France, 1h26, 2017)

Réalisation : Philippe van Leeuw - Scénario : Philippe Van Leeuw - Musique : Jean-Luc Fafchamps - Montage : Gladys Joujou - Photo : Virginie Sudej - Production : Serge Zeitoun - Distribution France : KMBOl
Interprétation : Hiam Abbass (la mère, Oum Yazan), Diamond bou Abboud (Halima), Juliette Navis (Delhani), Mohsen Abbas (Abou Monzer).
Auteur :

Né à Bruxelles en 1954, Philippe Van Leeuw est un scénariste et réalisateur belge qui a notamment travaillé avec Bruno Dumont pour La vie de Jésus. En 2008, il avait réalisé Le jour où Dieu est parti en voyage sur le génocide rwandais.  

Résumé :

Dans un quartier de Damas, une mère et ses enfants ainsi que leur grand-père, une voisine, un bébé et la bonne sont calfeutrés dans un appartement, espérant survivre alors que les bombardements pleuvent sur la ville. Impossible de sortir car il y a des snipers autour. 

Analyse :



Comme dans Dégradé (2016), dans lequel avait déjà tourné Hiam Abbass, Une famille syrienne se déroule à l’intérieur d’un lieu -- ici un appartement de Damas -- depuis lequel on entend des tirs, des bombardements, des pas précipités et des cris inquiétants : tout un fracas angoissant pour ceux qui sont calfeutrés à l’intérieur sans rien voir. Du dehors, par la fenêtre, lorsqu’on peut l’approcher, on n’aperçoit qu’un parking encombré de ruines, puis assez vite, après un tir, le corps allongé d’un homme. Les autres habitants de l’immeuble ont fui et les appartements ont été pillés. Celui où se terrent les protagonistes, ses beaux meubles, une grande bibliothèque, les photos d’une famille aisée donnent une idée de ce qu’a été la vie de ces Syriens avant la guerre civile. Le film se déroule sur une journée de plus en plus tendue, construite autour d’un drame personnel, celui d’une jeune mère qui s’apprêtait à fuir au Liban et qui sera au centre d’une scène particulièrement dure. En l’absence du père de famille, l’épouse suit ses recommandations pour organiser un semblant de vie dans ce huis clos difficile à supporter. Il faut faire provision d’eau, bien fermer la porte, préparer le repas. Le petit fils étudie avec son grand père, un vieil homme dont le silence en dit long sur la folie des hommes. Son visage marqué par la douleur sera la dernière image de cette tragédie qui malheureusement dure encore.        

Françoise Wilkowski-Dehove