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Festival de Berlin 2018

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Benoît Jacquot © Guy Ferrandis


Réalisation : Benoît Jacquot
Scénario : Benoît Jacquot, Gilles Taurand, adapté du livre éponyme de James Hadley Chase
Caméra : Julien Hirsch

Avec :
Isabelle Huppert (Eva), Gaspard Ulliel (Bertrand), Julia Roy (Caroline), Marc Barbe (Georges), Richard Berry (Regis)

Benoit Jacquot
Né en 1947 à Paris, il a commencé en tant qu’assistant de réalisation. Il réalise des films depuis 1975. Eva est son cinquantième film.

Filmographie :« (sélection)
1975 L'assassin musicien d’après le roman de Dostoïevski
1990 La désenchantée 
1995 La fille seule 
1997 Le septième ciel 
1998 L'école de la chair 
1999 Pas de scandale 
2000 Sade 
2001 Tosca 
2002 Adolphe 
2004 A tout de suite 
2006 L'intouchable 
2009 Villa Amalia
2010 Au fond des bois 
2012 Les adieux à la reine montré à la Berlinale en 2012
2014 3 cœurs 
2015 Journal d'une femme de chambre montré à la Berlinale en 2015

Eva

de Benoît Jacquot, France, Belgique 2017, 102 min. Berlinale 2018

Gaspard Ulliel, Isabelle Huppert
© 2017 MACASSAR PRODUCTIONS - EUROPACORP - ARTE France CINEMA - NJJ ENTERTAINMENT - SCOPE PICTURES / Guy Ferrandis

3ème jour de Berlinale, 10e film, dont le 5e où il est question de litérature, dont un sur l’amour des livres (The Bookshop), deux sur des écrivains connus, respectivement Oscar Wilde (Th Happy Prince) et Dovlatov (Dovlatov), et deux où il est question d’une identité usurpée à travers un manuscrit qu’un autre s’accapare après la mort de son auteur. Mais tandis que le premier des deux (dans Transit) le fait malgré lui pour sauver sa vie, ici c’est sans scrupules par le seul appât du gain et la vie meilleure que celui-ci promet. Pourtant, on ne devient pas quelqu’un d’autre juste comme ça, et l’ancien Bertrand reste tapie sous le nouveau.

Quand il rencontre Eva, il pense tout d’abord pouvoir se servir d’elle, avec quelque mépris envers la prostituée. C’est sans compter avec la personnalité enigmatique d’Eva qui va l’attirer telle un aimant, jusqu’à compromettre la belle vie lisse qu’il s’était construite entre temps, alors qu’elle ne fait même pas vraiment exprès. Elle exerce son métier, sous lequel elle aussi cache une autre vie, sans états d’âme et sans même chercher à séduire – elle n’en a pas besoin. Elle fait ce qu’on attend d’elle et elle le fait bien.

La différence entre les deux est qu’elle cache sa vie maritale derrière la façade de la prostitution, alors que Bertrand cache son passé trouble sous une identité respectable mais usurpée. Bertrand essaie de se servir de ses rencontres avec elle pour écrire la pièce qu’on attend de lui, en reproduisant textuellement les échanges avec elle - pour justifier devant son éditeur et devant lui-même ses agissements, mais est-ce qu’il y croit lui-même ? - sans se rendre compte qu’il glisse vers une dépendance qui le détruira.

Sauf que la dernière image, le regard qu’Eva lui adresse alors qu’elle est à côté de son mari, laisse entrevoir une fin ouverte.

L’attraction qu’une femme plus âgée peut exercer sur un homme plus jeune est mise en scène avec brio et incarnée par une Isabelle Huppert au top de sa forme. Elle nous fait presque oublier que cette constellation est rare dans la vraie vie, surtout quand il s’agit d’un rapport vénal où c’est le jeune homme qui paie pour les relations avec la dame. Au Moyen Age, les troubadours chantaient leur amour pour leur dame, mais c’était un amour impossible qui faisait grandir le jeune chevalier. Ici c’est la présomption du jeune homme de pouvoir s’en servir, de garder la main, qui le mène à sa perte. Un sujet troublant.

Synopsis : Bertrand travaille comme gigolo pour un vieux écrivain quand ce dernier meurt dans son bain, laissant sur la table un manuscrit que Bertrand va vendre comme le sien. Maintnant, en tant que jeune auteur à succès, tout le monde attend son prochain manuscrit. Il va chercher l’inspiration à la montagne où il tombe sur – Eva, une prostituée haut de gamme, nettement plus âgée que lui.

Waltraud Verlaguet

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