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Entrevues. 31ème festival du film de Belfort

Festival de Belfort 26 novembre-04 décembre 2016

www.festival-entrevues.com

Créé  en 1986 par l’épouse du grand critique André Bazin, Entrevues Belfort est un festival international de cinéma dédié à la promotion et au soutien de  la jeune création contemporaine -comme en leur temps Abdellatif Kechiche, Laurent Cantet, Claire Simon… -  et aux rétrospectives d’auteurs. Cette année le grand prix Janine Bazin était attribué au film Le Parc de Damien Manivel qui évoque de façon minimaliste le mystère de la rencontre de 2 adolescents et  reçoit actuellement un très bel accueil du public et de la critique.

Le thème de cette 31ème édition était le corps au cinéma sous toutes ses formes, et au moins 3 pistes originales ont été frayées :

  • Avec Melvil Poupaud -43 ans, 56 films-, acteur fétiche depuis l’âge de 11 ans  du réalisateur Raoul Ruiz, le Festival a invité les spectateurs a une réflexion extraordinairement riche sur le métier de comédien.
  • L’attention portée aux jeunes des options cinéma au baccalauréat a fait proposer, pour accompagner le film au programme -Charulata de Satyajit Ray- 8 films marquants de ce réalisateur.
  • Enfin les rencontres Cinéma et Histoire ont été consacrées à la libération du corps féminin dans les années 1960/70.

Mais la réussite la plus éclatante de la cuvée 2017 est pour moi sans conteste le programme de la rubrique « la Transversale », dédiée au thème du « Remake » -réécriture cinématographique d’un même sujet- qui s’apparente aux emprunts de toutes sortes effectués à toutes les époques par tous les artistes -écrivains, peintres, musiciens- à leurs prédécesseurs ou à leurs contemporains.

Le remake nait dès l’invention du cinéma  avec les frères Lumière qui tournent parfois  à plusieurs reprises le même film. Plus tard, il peut traduire l’admiration d’un cinéaste pour un collègue mais les préoccupations commerciales s’en mêlant, ce sont aussi les producteurs qui proposent volontiers le duplicata  d’un film à succès, mais selon eux oublié ou daté, pour adapter le sujet et l’esthétique à un nouveau public.

Ainsi 16 couples de films ont-ils été juxtaposés pour notre plus grand bonheur de scrutateurs du choc passionnant des styles:

  • également tragiques, les héros défigurés de Fantôme de l’opéra (R.Julian 1925) et de Phantom of the paradise (B.de Palma 1974) évoluent cependant dans un climat très différent, respectivement expressionniste et rock-kitsch.
  • Lorsque La Féline (J.Tourneur 1942), sommet du cinéma fantastique jouant sur la suggestion des ombres et du hors-champ, est relu quarante ans plus tard par P. Schrader, le passage du noir et blanc à la couleur s’accompagne aussi d’une irruption explicite d’un érotisme trouble.
  • Si La chienne (J.Renoir 1931) racontait un crime résultant de la combinaison de désirs et d’intérêts, dans son remake, La Rue rouge (F.Lang 1945),  ce crime procède d’un implacable  déterminisme social.
  • Tout ce que le ciel permet (D.Sirk 1955) tourné dans l’Amérique pavillonnaire est transposé dans Tous les autres s’appellent Ali (RW Fassbinder 1974) dans l’Allemagne de la reconstruction.

Plus  surprenant encore sont les « auto-remakes » :

  • R.Walsh retournant, après le noir La grande évasion en 1940, le western La fille du désert en 1949 ;
  • Y. Ozu Herbes flottantes (1959) après Histoire d’herbes flottantes (1934), qui mesure l’évolution du cinéaste.
  • Enfin le cas unique d’un remake documentaire avec le même rituel villageois de  La Rosière de Pessac filmé à 2 reprises en 1968 et en  1979 par J. Eustache.

Jean-Michel Zucker





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