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Fiche technique :
 - Réalisation, scénario, photo, montage : Quentin Dupieux

Avec :
Benoît Poelvoorde (Commissaire Buron) ; Grégoire Ludig (Fugain) ; Marc Fraize (Philippe le borgne) ; Anaïs Dumoustier (collègue et épouse de Philippe).

Au poste !

France, 2018, 73min.

Réalisation : Quentin Dupieux

Biographie :

De son expérience au côté de Michel Gondry en réalisant des clips, Quentin Dupieux gardera ce côté décalé qui le caractérise. Il persistera alors dans une alternance entre musique et réalisation. Alors que sa filmographie était, jusque-là, essentiellement américaine, en 2014,son premier film français mais aussi belge et américain,Réalité, met en scène un réalisateur de film d'horreur à la recherche du meilleur gémissement possible. Au Poste ! est un film uniquement français, il peut y goûter le plaisir de la langue et ne s'en prive pas.

Résumé :

Au commissariat, un policier insomniaque, Buron, et Fugain, un témoin qu'il considère comme un suspect, reconstituent le cours de la nuit précédente.

Analyse :

Un chef d'orchestre en slip rouge dirige, au milieu d'un pré, un orchestre de musiciens en frac. Il fuit en voyant arriver des policiers, sortant d'un fourgon, qui se mettent à le poursuivre. Ces premières images ne seront rappelées que quelques instants dans le film avec l'entrée au commissariat du chef encadré par ses gardes.

Il est difficile de parler de huis-clos dans cette affaire de meurtre. Les voyages dans les souvenirs et les prémonitions ainsi que dans l'imaginaire de chacun sont fréquents, déroutants et hilarants. Le passé et le futur deviennent interchangeables. Quentin Dupieux joue avec le temps mais aussi avec le langage, l'objectif de précision chez le commissaire Buron l'exige : la voisine a-t-elle compté des va-et-vient dans le couloir ou des allers-retours, Fugain est-il sorti prendre l'air ou changer d'air ou encore respirer ? Les précisions fournies sur la respiration ne sont pas suffisantes, il faut les mettre en image : une bombe anti-moustique coincée qui répand généreusement son poison, un trou dans un poumon qui souffle la fumée d'une cigarette. Ces interruptions intempestives de ce qui devrait être un interrogatoire courtois mais approfondi sont autant d'absurdes sorties du contexte qui maintiennent la pression d'un film policier tout en s'évadant dans des parcours étonnants et burlesques.

Les méthodes policières sont classiques : l'interrogatoire se passe de nuit, les deux protagonistes sont insomniaques, cependant des irruptions de personnages incongrus dans des souvenirs signalent le degré de fatigue de Fugain, le témoin. Mais l'accident mortel de Philippe, tombé sur un tiroir du bureau en plantant une équerre dans son unique œ;il valide alors qu'il devait « tenir à l'œ;il » le suspect pendant quelques instants, aggrave la situation. Il faut faire disparaître le corps avant le retour du commissaire.

Comme dans une caverne de Platon, la recherche de vérité à laquelle le spectateur s'intéressait est bouleversée à la fin par un double rebondissement. Tout d'abord ébloui par le premier, Fugain aura la mauvaise surprise de revenir à sa vie antérieure...

Ce type de comique est d'une grande originalité, basé sur le décalage et la surprise, une sorte de vaudeville qui bousculerait les lieux, le temps, l'imaginaire. Il garde cependant un fil conducteur sur le récit, avec un commissaire qui ne s'en laisse pas compter même devant l'évidence.

Nicole Vercueil

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