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Edito : juillet 2018

La fin du film

C’est l’un des sujets qui alimentent nos discussions dans les groupes de Pro-Fil. Il y a les films à fin ouverte, ceux qui ne finissent pas… Chacun a son interprétation cinématographique et personnelle mais la notion de fin ouverte peut se définir ainsi : Le récit aboutit à une conclusion qui nous laisse le choix entre deux ou plusieurs options, en nous donnant une impression de liberté quant à notre décision, ou d'incertitude angoissée si aucune proposition ne nous satisfait. C'est étonnant, en fonction des tempéraments, de voir le positif ou le négatif dans la solution choisie. Tempérée ou extrême elle peut entraîner la tentation de continuer une large part de l'histoire jusqu'à un dénouement bien loin du scenario.

En anglais on nomme cela le twist ending, le retournement final. C’est ce qui arrive dans les films à suspense, comme Usual suspects (Bryan Singer, 1995) ou Les Autres (Alejandro Amenabar, 2001). La fin qui devait nous délivrer nous surprend d'abord, en donnant à notre recherche de la vérité une réponse qui nous plaque d'autres questionnements ou bien l'envie de détricoter cette information avec des mais, pourquoi, comment, oui mais quand même ? Le mieux est alors de revoir tout le film avec le dénouement inattendu comme clé.

Sous le sable (François Ozon, 2001) représente pour moi cette révélation finale qui rend le doute fascinant. L’ambiguïté récurrente du personnage de Marie qui refuse d'admettre la disparition de son mari, parti nager et dont on ne retrouve pas le corps, oscille tout le long du récit entre l’acceptation du deuil et l'hallucination de la présence visible de Jean. Dans la dernière scène, Marie nous semble enfin réaliste, passant sa main sous le sable de la même plage, apaisée, puis au loin elle aperçoit Jean, court vers lui et la toute dernière image, comme une cassure, la surprend au moment où elle va l'atteindre. Et nous restons là, partagés entre le désir de la suivre et celui de la déclarer perdue elle aussi... Cette pratique n'est pas toujours réussie, quelques fois nous restons sur notre faim, car il n'y a pas de fin franche et rien pour nous aider à l'accepter. L'histoire s'arrête au milieu d'un processus de révélations ou d'actions dont nous ne connaîtrons jamais l'issue... Je ne donnerai pas d'exemple mais chacun trouvera le sien, souvenir d’une expérience frustrante !

Arielle Domon


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